Instituteurs français mobilisés pour dénoncer la réforme des rythmes scolaires

Les instituteurs français se sont fortement mobilisés mardi pour réclamer notamment le report à 2014 de la réforme des rythmes scolaires avec un retour à 4,5 jours de cours, avec le mercredi matin, contre les quatre jours aujourd’hui. Cette réforme, qui inclut des journées d’école moins longues, rencontre de fortes oppositions sur sa mise en œuvre d’élus locaux et d’enseignants parfois accusés de corporatisme. Le corps professoral est traditionnellement en France un terrain électoral de prédilection pour les socialistes, au pouvoir depuis mai. Dans un entretien à lexpress.fr, le ministre français de l’Éducation, Vincent Peillon, a de nouveau défendu sa réforme : s’il juge « légitimes » les « inquiétudes », il appelle enseignants, élus et parents à « se mettre en mouvement ». Selon le ministère, 36,17 % des enseignants du primaire étaient en grève mardi. Le SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, en annonce près de 60 %. Entre 300 et 400 personnes se sont rassemblées devant la Mairie de Paris, mardi, avant un défilé vers le ministère. « On veut un vrai changement pour l’école, pas juste le ravalement de façade proposé par Vincent Peillon », a dit Jérôme Lambert, patron du SNUipp-FSU Paris. C’est la cinquième fois en trois semaines que les enseignants se mobilisent, dans des mouvements d’ampleur variable et sur des motifs différents, le principal étant la réforme des rythmes scolaires. Les maires ont jusqu’au 31 mars pour dire s’ils adoptent la nouvelle semaine scolaire en 2013 ou 2014. Enseignants, parents, élus, chronobiologistes et l’Académie des sciences reconnaissent que la semaine de quatre jours instaurée en 2008 a eu des conséquences désastreuses pour l’apprentissage, avec des journées plus longues et plus chargées que partout ailleurs dans le monde, et une année scolaire très courte.