Après la Mordovie, Depardieu poursuit sa tournée en Russie et va en Tchétchénie

En Russie depuis jeudi, M. Depardieu s’était rendu samedi en Mordovie pour être enregistré officiellement comme résident de Saransk, la capitale de cette région russe à plus de 600 km à l’est de Moscou. Il était initialement prévu qu’il y reste plusieurs jours.

Mais l’acteur a finalement repris l’avion dimanche et est arrivé dans la soirée à Grozny, la capitale de la Tchétchénie. Selon Interfax, il est sorti de l’avion vêtu d’une chapka de policier qui lui avait été offerte en Mordovie.

«J’ai invité Gérard Depardieu à Grozny. C’est son deuxième voyage en Tchétchénie», a déclaré Ramzan Kadyrov, le numéro un de cette république russe accusé de multiples exactions, venu l’accueillir sur le tarmac.

Connu pour ses frasques, M. Depardieu avait participé à des célébrations officielles à Grozny en octobre dernier au cours desquelles il avait notamment lancé: «Gloire à la Tchétchénie, gloire à Kadyrov». Les associations de défense des droits de l’homme accusent ce dernier de diriger une milice personnelle responsable d’enlèvements, d’assassinats et d’actes de torture.

«Nous sommes devenus amis pendant son premier séjour, avons étudié quelques projets. Je suis sûr que ce voyage sera productif», a ajouté le dirigeant tchétchène. Selon Interfax, l’acteur doit au cours de son séjour rencontrer des acteurs, des réalisateurs et des étudiants d’écoles de théâtre.

«La Russie est un grand pays, j’aime la Russie. J’ai beaucoup aimé la république tchétchène. Il y a ici des gens ouvert et bienveillants», a déclaré à son arrivée à Grozny l’acteur dans des propos traduits en russe par Interfax.

Gérard Depardieu, 64 ans, s’était vu offrir début janvier la nationalité russe par le président russe Vladimir Poutine, après une polémique avec le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault qui avait qualifié de «minable» la décision de l’acteur de quitter la France pour la Belgique pour des raisons fiscales.

Il avait à cette occasion qualifié la Russie de «grande démocratie» et critiqué l’opposition russe, tout comme le groupe contestataire Pussy Riot. Lors de cette polémique, M. Kadyrov s’était dit prêt à accueillir M. Depardieu.

La Tchétchénie, théâtre de deux guerres entre indépendantistes et forces russes dans les années 1990 et 2000, est aujourd’hui le théâtre d’une rébellion islamiste.