Une caricature négationniste pour illustrer un débat sur le sionisme à Molenbeek: le CCLJ dénonce

Le débat aura lieu le 19 mars à 19 h (rue des Quatre Vents, 10) et est organisé par le PS de Molenbeek. Sont invités à débattre, Philippe Moureaux (PS) et Yves Goldstein (PS), juif laïque, conseiller communal à Schaerbeek et chef de cabinet de la ministre fédérale Laurette Onkelinx.

«  Pourquoi la section PS de Molenbeek a-t-elle donc choisi un Zéon, un « artiste » néofasciste et négationniste pour illustrer un débat supposé serein sur le thème du sionisme ? Faut-il y voir sinon un signe ou simplement un manque total de culture politique ? Total en effet, car, au-delà de la personnalité sulfureuse de son auteur, le dessin en soi transpire la haine du Juif en tant que tel », écrit Nicolas Zomerstaijn, rédacteur en chef de Regards, la revue du CCLJ.

« Que nous montre, en effet, la caricature de Zéon ? Le fameux « deux poids, deux mesures » à travers un Juif (sioniste ?) sorti tout droit du mensuel nazi Stürmer qui joue, ni plus ni moins, de la Shoah pour exercer sa domination sur le monde. Il paraît difficile d’interpréter autrement la production de cet émule de Dieudonné. Si tel est le message que veut donner la section socialiste de Molenbeek, il eut mieux fallu inviter directement Alain Soral, cet ancien militant communiste, reconverti désormais dans la droite radicale et qui n’est autre que le maître à penser de notre caricaturiste. »

Et d’jaouter : « Au-delà de ce dérapage, il est évident que l’on ne peut parler aujourd’hui du sionisme et d’Israël sans verser, précisément, dans la caricature. Il suffit de songer au nouveau maître à « panser » d’Ecolo, Henri Goldman, pour s’en convaincre. Peu nous chaut qu’il soit antisioniste, mais qu’il en vienne à comparer Shimon Peres à Ahmadinejad, pour mieux souligner la supériorité du président iranien qui, lui, n’aurait pas de sang sur les mains, témoigne d’un aveuglement qui tient de la névrose, sinon de la psychose. »

Le rédacteur en chef espère en tous les cas que le débat restera « serein » et « historique ». « Il serait bon que soit rappelé, à toutes fins utiles, qu’Israël n’est pas né à cause mais malgré la Shoah. Israël était destiné à accueillir la masse des Juifs pauvres d’Europe centrale et orientale, ceux-là même qui furent assassinés durant la nuit du judéocide. »