Les comptes d’épargne dans le collimateur du gouvernement: les intérêts taxés à 15%?

Et le rapport est aussi alarmiste sur 2013, parlant désormais de 3,2% de déficit, ce qui rend l’objectif de 2,15% très difficile à atteindre, sauf à gonfler encore un peu plus l’ardoise des 2,5 milliards d’euros à trouver! Hier, Joëlle Milquet (CDH) a, dit-on, calé sur les premières mesures d’économies envisagées dans différents départements, ce qui risque d’accroître l’effort à faire en recettes nouvelles.

Une des pistes: une meilleure taxation de l’épargne.

Le problème est connu. Quelque 238 milliards d’euros dorment sur 19 millions de comptes bancaires. Soit plus d’un par habitant, bébés compris. Tous sont soumis au même sort fiscal: leurs intérêts sont immunisés jusqu’à 1.880 euros. Au-delà, ils sont taxés («précomptés») à 15%. La banque le retient directement en versant les intérêts. Mais cette taxe est facile à éviter: il suffit d’ouvrir plusieurs comptes, dans une banque ou dans plusieurs.

Pour résoudre ce «problème», trois grandes pistes sont sur la table, pour les obliger à passer tout de même à la caisse…

La première serait de contraindre les banques à totaliser les intérêts d’un même contribuable. Écueil: quid des comptes ouverts au nom des enfants, ou dans plusieurs banques différentes?

Deuzio: créer une banque de données regroupant tous les carnets de dépôts et les montants qu’ils contiennent.

Troisièmement:ponctionner tous les intérêts du précompte de 15%. Puis inviter le contribuable, dans sa déclaration d’impôts, à déclarer sur l’honneur les intérêts vraiment perçus, afin d’obtenir le remboursement des 15% retenus injustement. Techniquement assez facile à faire. Et financièrement très intéressant pour l’État. Pensez: les intérêts perçus ne seraient à rembourser qu’un an et demi plus tard…

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