L’armée place sous surveillance des salafistes présumés et des sympathisants d’extrême droite dans ses propres rangs

C’est ce qu’a indiqué le «patron» du service de renseignement militaire, le général-major Eddy Testelmans, cité jeudi par le journal La Libre Belgique. Cet officier a fait ces révélations mercredi, lors d’une réunion à huis-clos de la commission de la défense de la Chambre. On y entendait des responsables militaires, de la Sûreté de l’Etat et des syndicats militaires pour déterminer s’il est possible de renforcer le «screening» lors du recrutement des militaires afin d’éviter d’incorporer des salafistes au sein de l’armée.

Selon le général Testelmans, seize salafistes et 39 sympathisants de l’extrême droite appartenant à trois groupes de motards, dont les «Hells Angels», ont été identifiés et mis sous surveillance, sur des effectifs totaux de 31.000 militaires et 2.100 civils.

Les patrons des deux services de renseignement, le général Testelmans et Alain Winants, pour la Sûreté de l’Etat, ont rappelé mercredi que le fait d’appartenir à un mouvement salafiste ou radical ne constitue pas en soi une infraction car la Constitution protège chaque individu du droit de libre expression. Ce n’est que dans le cas où des militants salafistes partent vers une zone de guerre qu’ils peuvent être poursuivis.

Depuis 2010, l’armée a par contre écarté treize candidats mais uniquement sur base de leur casier judiciaire et du droit commun.

Les députés Georges Dallemagne (cdH) et Denis Ducarme (MR) ont déposé des propositions afin d’améliorer le «screening» des candidats militaires.

La commission a décidé d’entendre prochainement le ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V), lui aussi à huis-clos, a indiqué M. Ducarme à l’agence BELGA.