Gaurain: un conflit de voisinage qui leur empoisonne la vie

Le couple d’octogénaires est allé déposer plainte cette semaine à la police de Tournai. Certificat médical à l’appui, M. et Mme Lenglez disent avoir été malmenés par leurs voisins, sans doute plus jeunes qu’eux d’un demi-siècle... Lui dit souffrir d’une contusion dans le dos, elle d’un hématome à la jambe. L’épisode marquait une escalade violente dans une relation faite depuis près de trois ans de regards qui se toisent, d’insultes, de provocations et d’autres petites mesquineries.

L’« étranger » -fut-il journaliste- se gardera bien de prendre parti dans ce genre de conflit dont l’origine échappe à sa raison, et même peut-être à celle de ses protagonistes... « Il y a 50 ans qu’on habite dans cette maison dont nous sommes devenus propriétaires », raconte M. Daniel Lenglez, « et nous n’avons jamais eu de problème avec personne ». Et puis une nouvelle voisine est arrivée. « Dès le premier jour, j’ai su que ça n’irait pas », confesse Solange, son épouse.

Ça n’a effectivement « pas été »... Il y a eu des heurts à cause d’une palissade dans le jardin, d’une camionnette garée devant le petit parterre tracé au cordeau et soigneusement clôturé des Lenglez, d’une voiture en réparation qui a laissé des taches d’huile sur le trottoir, d’un tapis secoué qui a fait aboyer un chien, et d’autres futilités qui ont pourtant débouché sur une inimitié qui a fini par confiner à la haine. C’est une histoire de déneigement de trottoir qui a abouti à la bousculade et à la plainte.

« On ne peut plus vivre ainsi, ça devient obsessionnel, ça mine », expliquent M. et Mme Lenglez qui ont multiplié les démarches auprès de l’agent de quartier ou du Logis tournaisien pour déloger la voisine, faute de pouvoir partir eux-mêmes : « À 60 ans, on l’aurait fait, mais pas à 80... ». Sans résultat. « On n’a jamais de nouvelles de quoi que ce soit », disent-il.

Seul dans la maison si calme et bien rangée, le couple ressasse son dépit. « Tout ça pourrait mal se terminer », dit Alain Lenglez.

C’est vrai que chez la voisine, locataire du Logis tournaisien, l’intérieur est moins en ordre. Elle s’en excuse d’ailleurs. On lui concède que lorsqu’on habite à neuf dans une maison, avec des enfants en bas âge, il est difficile d’avoir un intérieur impeccable...

Ici, le son de cloche est différent. Ce serait le couple Lenglez qui rendrait la vie impossible à son voisinage, à force de ne rien supporter : qu’on se gare devant chez eux, qu’on fasse du bruit, qu’on trouble leur tranquillité, qu’on fasse mine d’empiéter sur leur territoire. Et la voisine renverse les rôles : elle aussi a le bras marqué d’hématomes « pour avoir protégé son fils de la canne » de M. Lenglez, assure-t-elle.

« Mais c’est nous qui sommes harcelés, épiés... Lui se poste avec un appareil photo quand mes enfants jouent dans le jardin, il colporte des choses fausses sur nous, il jette des déchets chez nous, et mon fils m’a dit qu’un jour il l’avait braqué avec un fusil... Je suis gentille mais faut pas toucher à mes enfants. Faut qu’ils arrêtent... ».

Et voilà comment deux familles s’empoisonnent mutuellement, alors qu’un peu plus de tolérance d’un côté, et un peu plus de respect de l’autre, montreraient à quel point la querelle est futile et combien il est plus agréable de saluer son voisin que de l’insulter.

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