Sean Pidgeon, premier Belge tué en Syrie, victime des recruteurs d'Allah

Ces informations nous ont confirmées par leurs proches, ce vendredi. Elles ne le sont par contre pas, à ce stade, par les Affaires étrangères.

Le sénateur Georges Dallemagne (CDH) a quant à lui eu un contact avec la famlle de Sami... «J’ai été appelé par la maman d’un de ces jeunes – Sami – en début de semaine», nous explique-t-il. «Elle a milité au Mouvement chrétien pour la paix, et est entrée en contact avec moi par une connaissance commune. Elle voulait alerter les autorités sur l’histoire de son fils, pour lequel elle est très inquiète. Elle voulait que nous empêchions cela pour d’autres jeunes...»

Sami, selon sa maman, était un petit garçon sans histoire, grandissant dans un quartier assez paisible de Laeken, près du boulevard Bockstael. «Vers 14 ans, il lui a demandé à se convertir à l’Islam, et a alors commencé à se radicaliser», explique le sénateur. Début novembre, la maman de Sami l’emmène en voyage en Allemagne, avec quatre autres de ses copains du quartier.

«Ils en ont profité pour disparaître. Quinze jours plus tard, Sami a appelé sa maman. Il lui disait que tout allait bien, qu’il était en Turquie, à la frontière avec la Syrie, et qu’ils étaient en train de s’engager dans l’humanitaire. En fait, après quelques semaines, il est apparu que Sami et ses copains étaient entrés en Syrie pour aller y combattre aux côtés des radicaux. C’est dans ce cadre qu’un des cinq jeunes, Sean, a perdu la vie. Cela s’est passé le 15 mars. Il a été enterré là-bas dimanche dernier.»

Sami, lui, a été blessé à deux reprises. «À la tête et dans le dos, mais sans réelle gravité, puisqu’il a continué à se battre. Récemment, il a rappelé sa maman pour lui dire qu’il allait désormais se marier là-bas. Elle est bien entendu effondrée. Elle met en cause la mosquée de son quartier de Laeken, qui aurait radicalisé son fils et ses copains. Difficile de savoir ce qu’il en est réellement, bien entendu.»

L’ombre de cheikh Bassam

La présence de jeunes djihadistes belges sur le sol syrien ne peut pas nous étonner: cela fait plus de 10 ans que cet inquiétant phénomène est certifié. Dans l’ombre du recrutement de jeunes fanatiques en plein cœur de nos villes, plane l’ombre d’un homme: le cheikh franco-syrien Bassam Ayachi (69 ans). Soupçonné depuis des années par les spécialistes américains, français et belges d’être à la base de filières terroristes dans notre pays, l’homme n’a été condamné qu’une fois (en Italie pour y avoir recruté des combattants pour le djihad armé en Afghanistan), avant d’y être… blanchi! Mais son nom revient sans cesse dans une multitude de dossiers.

Dans nos éditions de ce samedi: un dossier complet sur cette problématique. Avec le témoignage de la famille, un reportage dans le quartier de la mosquée de Laeken, la réaction de Joëlle Milquet, ou encore point sur la situation en Syrie. A découvrir en librairie ou dans notre édition numérique.