Uccle: des croix gammées sur la façade d’une famille harcelée depuis trois ans

Les trois svastikas, symbole du régime nazi, ont été peintes le 23 mars dernier sur la façade de la maison de la famille Leibowitz qui habite l’avenue Coghen à Uccle. Une semaine durant, elle a dû vivre avec ces croix gammées taguées sur ses volets et sa porte d’entrée. Le père, Victor Leibowitz, a porté plainte auprès des services de police de la commune. Mais au-delà cet acte antisémite qui choque, il s’agit selon le patriarche d’un véritable harcèlement que subit sa famille maintenant depuis trois ans. « Les croix gammées, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase parce que par le passé nous avons déjà eu le droit aux excréments de chien dans notre boîte aux lettres, aux ordures devant notre porte et je ne compte plus les coups de fils anonymes pour nous traiter de sales juifs », s’insurge Victor Leibowitz. Selon ce dernier, la responsable de tous leurs tourments n’est autre qu’une voisine dont la fille a été éconduite, il y a plusieurs années, par le fils de M. Leibowitz.

« Cette femme est folle. Elle nous harcèle sans relâche. Elle a même failli écraser mon fils en voiture pour se venger. Je veux simplement que cette situation cesse le plus rapidement possible. C’est pour cela que mon avocat va prendre action pour que cette dame soit surveillée par un juge. Avec ces tags, elle a franchi un cap inacceptable », continue notre interlocuteur par ailleurs directeur financier. « Le plus difficile, c’est de prendre cette personne en flagrant délit, mais nous savons très bien que c’est elle qui a commandité cet acte antisémite. Évidemment, ce n’est pas elle qui est venue chez nous pendant la nuit pour peindre les croix gammées. Elle paie des gens pour le faire à sa place. »

Mais ce qui énerve le plus Victor Leibowtiz, c’est peut-être le manque de réactivité de la justice dans son dossier. « Nous avons déposé plainte à de multiples reprises et, en presque trois ans, la juge en charge de notre dossier n’a pas demandé le moindre devoir d’enquête, si ce n’est de retracer la provenance des appels anonymes où, par ailleurs, j’ai également été menacé de mort », explique cet Ucclois encore sous le choc.

Ce vendredi matin, suite à plusieurs de plaintes de riverains auprès de la police, dont un diplomate allemand, les ouvriers communaux sont venus effacer les tags antisémites.