Un psychiatre condamné à 10.000 euros pour une relation amoureuse avec une patiente

Selon l’arrêt de la cour d’appel de Bordeaux rendu le 14 mars, révélé lundi par Sud Ouest, la patiente avait été reçue par ce psychiatre aujourd’hui âgé de 65 ans durant l’été 2003 dans le cadre d’une thérapie visant à surmonter une crise conjugale.

Selon l’arrêt, consulté par l’AFP, une relation amoureuse s’était finalement nouée entre eux et un an plus tard, la patiente, aujourd’hui âgée de 45 ans, avait donné naissance à une petite fille, que le médecin a reconnue en 2007.

Se fondant sur un certificat produit par le psychiatre dans le contexte du divorce avec son ex-mari, l’ancienne patiente a avancé que ce dernier avait bien été son psychothérapeute entre le 2 juillet 2003 et le 30 avril 2004.

Sur ce fondement, elle a estimé qu’il n’avait pas respecté son obligation contractuelle de ne pas avoir de relations sexuelles avec elle et qu’il avait abusé de sa faiblesse, ne pouvant «ignorer qu’elle était fragile et frustrée et que la relation que ce praticien s’est autorisée dans son cabinet a entraîné le divorce des époux contrairement à l’objectif poursuivi».

Le psychiatre a soutenu que ce certificat, produit uniquement dans le cadre de la procédure de divorce, «ne démontre pas qu’elle a fait l’objet d’un suivi ou de consultations répétées», alors qu’il n’y a pas eu de règlements d’honoraires tout au long de la période.

Selon lui, leurs relation était celle de deux «adultes parfaitement consentants». Il a avancé que sa patiente l’avait «constamment manipulé» et a exercé une «pression permanente» sur lui afin qu’il quitte son foyer.

Déboutée en première instance, la patiente a finalement eu gain de cause devant la cour d’appel de Bordeaux, qui a estimé que le praticien ne pouvait ignorer que son comportement «pour le moins inadapté était de nature à compromettre l’efficacité de la thérapie entreprise».

En ce sens, estime la cour, sa «persistance à maintenir durant plusieurs mois un suivi thérapeutique du couple», tout en ayant une relation avec l’épouse «a nécessairement participé à la faillite conjugale».

Au titre du préjudice moral, elle alloue la somme de 10.000 euros à la patiente, qui en avait demandé 100.000.