La téléphonie mobilereste une véritable mine d’or!

Une récente étude, comparant la Belgique, la Hollande, la France, l’Allemagne et l’Angleterre, montre que l’Angleterre est championne toutes catégories des prix les plus bas. La Belgique, qui était au milieu du peloton dans les plans « petit consommateur », était parmi les plus chères pour les plans « consommation moyenne ». Mais depuis l’année dernière, la guerre des prix fait rage chez nous et il ne se passe plus un mois sans que les tarifs ne soient revus à la baisse. La téléphonie mobile belge atteint enfin un niveau (très) acceptable, assurent les spécialistes.

C’est l’absence de régulation du marché et la durée des contrats qui plombaient jusqu’ici les tarifs belges. « Par le passé, les contrats étaient signés pour deux années, explique David Wiame, de Test-Achats. Au bout de ceux-ci, l’opérateur faisait un geste commercial pour obtenir une nouvelle signature et, souvent, ça marchait car le client belge est plutôt fidèle ». Du coup, la concurrence jouait peu et les différents opérateurs continuaient à pratiquer des tarifs hauts, chacun semblant se contenter de ses parts de marché, pourtant très inégales et toujours à l’avantage net de Proximus, en raison des marges bénéficiaires énormes que chacun retirait.

La nouvelle loi des Télécoms a visiblement changé la donne : désormais, on peut très facilement et gratuitement changer d’opérateur après six mois en gardant son propre numéro. La concurrence a commencé à s’activer réellement et les prix ont baissé.

Des SMS beaucoup trop chers

« L’arrivée sur le marché de Telenet Mobile en Flandre (le câblodistributeur flamand, équivalent de Voo au nord du pays) a aussi donné un grand coup de botte dans le secteur », constatent d’une même voix David Wiame et Thomas Wallemacq (Astel). Ce dernier estime que les prix ont chuté de 30 à 50 % sur l’année écoulée et qu’ils sont désormais au niveau européen. « Telenet a rassemblé près d’un million de clients, essentiellement en Flandre, ce qui a poussé les opérateurs historiques à baisser leurs prix de manière significative », note David Wiame. «  Par ailleurs, la concurrence des opérateurs virtuels joue elle aussi dans le bon sens : Carrefour Mobile, Scarlet, Colruyt Mobile, RTL ou d’autres achètent des minutes en gros à l’un des trois opérateurs dont ils utilisent le réseau, puis les revendent à très bas prix à leurs clients. Il faut savoir que le prix d’un SMS est dérisoire : on cite souvent le chiffre de 0,01 euro, voire moins encore, alors qu’ils sont encore facturés 50 fois leur prix sur certaines cartes (0,5 euro). » Cela donne une bonne idée des bénéfices énormes que les opérateurs continuent à faire dans le secteur. Et cela prouve que les prix peuvent, dans l’absolu, descendre encore beaucoup plus bas.

L’arrivée redoutée de Voo

Thomas Wallemacq pense que l’arrivée de Voo dans le secteur du Mobile dans les prochains mois va jouer à son tour : « Voo est une marque puissante et connue en Wallonie. Si elle joue à fond la carte du mobile, elle pourrait à son tour secouer le marché dans le bon sens avec une offre de pack encore plus complète. »

Pourquoi la concurrence internationale des opérateurs ne joue-t-elle pas davantage ? Pourquoi un grand groupe français ne s’implante-t-il pas dans le marché belge avec des prix plus bas, comme cela s’est fait dans d’autres secteurs comme les banques par exemple ? « Notre marché est suffisant pour accueillir un quatrième opérateur, mais c’est compliqué car il faut un réseau d’antennes qui coûte très cher, répond Thomas Wallemacq. En Flandre, la législation prévoit qu’un nouvel opérateur pourrait s’installer sur les antennes des autres, mais ce n’est pas le cas en Wallonie sans l’accord de ceux-ci. C’est ce qui explique que notre marché reste limité aux trois opérateurs historiques. Voo et Telenet ont acheté des bandes de fréquence pour des millions d’euros mais ils vont finalement se greffer tous les deux sur le réseau Mobistar ».

Michel Royer