Nos vieux GSM valent de l’or

Certains modèles, généralement plus chers, disposent de mises à jour durant une certaine période, au-delà de laquelle le GSM est bon pour la casse, le recyclage ou le musée. Les autres, même quand ils sont ultramodernes, se déprécient beaucoup plus vite car ils ne sont pas conçus pour suivre l’évolution technologique. Du coup, des millions de portables sont remplacés chaque année par les utilisateurs. Certains terminent dans des tiroirs oubliés et d’autres au fond d’une poubelle ! Une catastrophe écologique car ils contiennent des composants extrêmement toxiques pour la nature. Du coup, le tri s’est progressivement organisé, de même que le démontage et le recyclage.

De l’or sur chaque carte SIM

On s’est alors rendu compte que les GSM hors d’usage ou dépassés étaient de véritables mines d’or. Au propre et au figuré !

Au propre, car les cartes SIM contiennent toutes une quantité infinitésimale d’or. Mais quand on les récupère par milliers, la quantité de GSM finit par faire la quantité d’or…

Au sens figuré, car d’autres matériaux composant le GSM sont recyclables eux aussi (argent, cuivre, palladium, nickel, plomb, zinc, fer, plastic, cadmium…). Le fait que des sociétés internationales comme Umicore chez nous, ou Bouygues en France, soient entrées dans ce business est un signe qui ne trompe pas ! On collecte un max de GSM, quitte à utiliser des arguments sensibles : « Pour chaque portable apporté, un euro sera reversé à telle association caritative ».

Un kg de GSM = 9 euros

Enfin, les GSM dépassés chez nous, mais en ordre de marche, sont acheminés par les spécialistes vers des pays d’Afrique où ils sont revendus. Et là encore, les filières organisées sont visiblement très rentables.

Pour donner une petite idée, on estime qu’un kilo de GSM peut rapporter 9 euros au citoyen isolé qui les collecterait. À l’échelle industrielle, c’est autre chose ! 50.000 GSM permettraient de récolter 1 kg d’or, 10 kg d’argent et 420 kg de cuivre. La firme belge Umicore est devenue la spécialiste européenne du recyclage de GSM. D’après certaines sources, cette activité lui rapporte 100 tonnes d’or par an, valorisable ces derniers mois à hauteur de 4 milliards d’euros. Certes, des composants dangereux doivent être éliminés proprement, mais on doit encore ajouter à cette petite somme rondelette la valorisation financière des autres produits ! Vous avez dit « poule aux œufs d’or ? »

Michel Royer