Willem-Alexander, le «Prince Pils» devient roi des Pays-Bas

Le pays avait accueilli dans l’euphorie la naissance, le 27 avril 1967, de Willem-Alexander Claus George Ferdinand, prince d’Orange : pour la première fois depuis 1890, après une régente et trois reines, un homme était appelé à monter sur le trône.

Marié en 2002 à l’Argentine Maxima Zorreguieta, il a trois enfants : la princesse-héritière Catharina-Amalia, 9 ans, Alexia, 7 ans, et Ariane, 6 ans. Le père de Maxima, ancien secrétaire d’Etat sous la dictature argentine, n’avait pas été autorisé à assister au mariage de sa fille et ne sera pas présent à l’intronisation de Willem-Alexander.

Aîné d’une fratrie de trois, Willem-Alexander fait preuve dès son plus jeune âge d’un caractère bien trempé. Supportant mal d’être en permanence sous le feu des projecteurs, il jettera des boules de neige sur les journalistes lors de vacances en Autriche puis, à onze ans, invitera la presse néerlandaise à «foutre le camp» à l’issue d’une séance de photos.

A onze ans toujours, lui et ses frères s’amusent à projeter à l’aide d’élastiques des petites boules de papier aluminium sur un défilé officiel à l’occasion de la Fête de la Reine, qui fait office de fête nationale.

Il vit ensuite une adolescence difficile et ses parents, la reine Beatrix et le prince Claus, l’envoient terminer ses études secondaires dans une école privée du Pays de Galles. Il a alors une image de gai luron dissipé qui assure sur un ton blagueur qu’il laisserait volontiers le trône à son frère.

Willem-Alexander sera même surnommé «Prince Pils», en référence aux litres de bière qu’il ingurgite lors de soirées étudiantes durant ses études d’histoire à l’université de Leiden (ouest des Pays-Bas), qu’il entame en 1987 après son service militaire dans la Marine.

Selon l’ancien Premier ministre Ruud Lubbers, la famille royale ira alors jusqu’à douter de l’aptitude de Willem-Alexander à monter sur le trône.

Toutefois, une fois son diplôme en poche en 1993, il se prépare à la fonction royale en servant dans les différents corps d’armée, où il deviendra notamment pilote de chasse, et en voyageant dans son pays.

Le changement s’opère progressivement. Sur les pas de son père, il commence à s’intéresser à la gestion de l’eau, effort couronné en 2006 par sa nomination comme président du Conseil consultatif sur l’eau du secrétaire général des Nations unies.

En 1998, il obtient l’aval parlementaire pour devenir membre du Comité international olympique (CIO). Sa candidature avait divisé la classe politique, guère enthousiaste de voir le futur chef d’Etat intégrer cette institution éclaboussée par les scandales.

Le prince est de fait depuis toujours passionné de sport : il pratique le tennis, le golf, la voile et, origines néerlandaises obligent, le patin à glace. En 1986, il achève une légendaire course de patinage longue de 200 kilomètres dans le Nord des Pays-Bas.

Sa rencontre avec Maxima en 1999, et leur mariage d’amour qui a failli être contrecarré par le refus opposé à son père d’y assister, achèvent de le rendre populaire. Selon son épouse, il est «intelligent, tendre, fort, et il a les deux pieds sur terre».

Il est vu comme plus proche des gens et plus progressiste que sa mère. Willem-Alexander a d’ailleurs assuré dans une interview, diffusée avant son intronisation, vouloir être un «roi du XXIe siècle» et ne pas être un «fétichiste du protocole».

En vue de son intronisation et pour se consacrer pleinement à la fonction royale, il renonce aux postes qu’il occupait au CIO et au Conseil consultatif de l’eau, notamment.

Mais le train de vie du couple princier a parfois aussi été vivement critiqué: en 2009, il revend une luxueuse maison de vacances en construction en bord de plage au Mozambique sous la pression d’une opinion hostile en raison de l’extrême pauvreté de ce pays.

Après avoir créé la polémique en participant à un traditionnel concours de lancer de cuvette de toilettes orange lors de la Fête de la reine, le prince avait assuré avoir ressenti «de la honte en pensant aux 2,6 milliards de personnes qui ne disposent pas des infrastructures de base pour remplir avec dignité leurs besoins quotidiens».