Il avait offert des gâteaux au cannabis à ses condisciples et à des profs: prison avec sursis

Cette peine est assortie de l’obligation d’accomplir 180 heures de travaux d’intérêt général dans un délai de 18 mois, et d’une obligation de soins, a précisé le conseil de l’étudiant, Me Anne Champagne.

Le parquet avait requis dans l’après-midi six mois de prison avec sursis, assortis de 180 heures de travaux d’intérêt général et d’une obligation de soins. Au-delà de son aspect «insolite», cette affaire «aurait pu avoir des conséquences dramatiques», avait souligné le procureur lors de son réquisitoire.

«C’est une décision tout à fait satisfaisante. Elle est adaptée à la réalité des faits et à la personnalité de mon client», a estimé Me Champagne.

Le 19 mars, le jeune homme de 21 ans, étudiant d’un IUT du centre de la France, se rend à Cambrai (Nord) pour un concours interuniversitaire, en compagnie d’un groupe d’élèves et de professeurs. Lors d’un arrêt à Arras en raison d’un problème de train, l’étudiant distribue des cookies au cannabis confectionnés par ses soins, selon lui uniquement pour sa consommation personnelle. «Après avoir déjà mangé deux cookies pendant le trajet, je ne savais plus ce que je faisais», a-t-il expliqué à l’audience.

Hallucinations

Rapidement, quatre élèves sont pris d’un malaise au restaurant, ainsi qu’un professeur qui s’évanouit, après des «hallucinations conséquentes», selon le rapport médical. Les malades en seront quittes pour une nuit à l’hôpital et l’impossibilité de présenter le concours inter-universitaire qu’ils préparaient depuis deux ans.

Dès l’arrivée des secours, le pâtissier improvisé avoue la présence de drogue dans la pâte et remet un sachet de cannabis à la police.

«Etant consommateur, je ne pensais pas que les effets dureraient aussi longtemps», a-t-il reconnu, expliquant qu’il fumait à l’époque «cinq joints par jour» depuis un an, perturbé par l’éloignement avec sa famille, installée dans le Nord/Pas-de-Calais.

«La concentration du principe actif du cannabis varie énormément, de 1 à 25%. C’est passer d’un cidre à un apéritif bien tassé», a souligné le procureur.