La CSC conteste les calculs de la FEB sur les statuts harmonisés (Vidéo)

Le syndicat chrétien conteste également les chiffres avancés par la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), selon laquelle une harmonisation des statuts par le haut provoquerait un écart salarial supplémentaire de 2 à 4% en moyenne.

Pour la CSC, les chiffres avancés par la FEB résultent d’un «calcul maximaliste» car ils s’appuient sur les estimations de quelques fédérations sectorielles (Agoria, Fedustria, Confédération Construction) dont les secteurs comptent précisément un part importante d’ouvriers et un nombre relativement élevé de licenciements.

Pour sa propre évaluation, la CSC s’est basée sur des chiffres de la Banque nationale, du Conseil central de l’Economie, de secrétariats sociaux ou encore de l’ONSS. Des chiffres connus de la FEB, souligne-t-on dans les rangs du syndicat chrétien.

Ainsi, la proposition de la CSC d’un mois de préavis par année d’ancienneté pour tous les travailleurs, avec un minimum de trois mois après la période d’essai, aurait un impact sur le coût salarial de 0,07% dans le secteur privé, selon les estimations du syndicat.

La masse salariale totale du secteur privé en Belgique s’élevait à 148,338 milliards d’euros en 2012, tandis que la masse brute annuelle des indemnités de rupture pour les ouvriers atteint quelque 146,2 millions d’euros. Du côté syndical, on met en avant le fait que l’ancienneté moyenne d’un ouvrier lors de son licenciement est de 2 ans et neuf mois, de quatre ans pour un employé et de 3,3 ans pour la moyenne de tous les travailleurs. De plus, 71% des licenciements surviennent au cours des trois premières années, dont une proportion importante lors des six premiers mois. Le fait de prester son préavis limiterait également le coût pour les employeurs.

La proposition de la CSC concernant la suppression du jour de carence pour les ouvriers aurait quant à elle un impact de 70,8 millions d’euros, soit 0,05% sur le coût salarial.

Pour ces deux mesures -préavis et jour de carence-, pour lesquelles la Cour constitutionnelle demande la fin de la discrimination entre ouvrier et employé, l’impact sur le coût salarial s’établirait donc à 0,12%. Et encore, «sans compter les effets retour, soit les bénéfices que l’harmonisation pourrait apporter», explique Marc Leemans, président de la CSC. A la différence de la FEB, le syndicat est pour le maintien des droits acquis des travailleurs «jusqu’à ce que le nouveau régime soit plus favorable».

La CSC reconnaît toutefois qu’une telle harmonisation aurait des impacts très différents en fonction des secteurs mais plaide pour «des mesures de solidarité» entre ceux-ci.

La CSC rappelle encore l’urgence de trouver une solution dans le dossier pour le 8 juillet, alors que les négociations entre les partenaires sociaux sur l’harmonisation des statuts ont échoué et que le gouvernement doit en principe venir avec des propositions permettant de trouver une issue dans le dossier. «Aujourd’hui, le temps presse. Jouer la montre, ce ne serait pas correct et ce serait prendre le risque d’une insécurité juridique forte, ce qui serait un mauvais signal pour l’économie. Il faut trouver une solution. Ce ne serait pas sérieux de postposer encore les choses même s’il faudra, c’est clair, des mesures de transition», a mis en garde le secrétaire général de la CSC, Claude Rolin.