Cannes - Michael Douglas remercie Steven Soderberg pour «Liberace»: «Un cadeau après mon cancer»

Il a opté pour une descente dans les coulisses du show et principalement dans la vie privée du pianiste qui cachait une homosexualité qui aurait été probablement très mal perçue à l’époque.

Si Steven Soderberg a choisi Matt Damon pour camper Scott, l’amant, c’est à Michael Douglas qu’il a confié le soin d’enfiler l’habit de lumière de cet artiste kitchissime, les deux comédiens apparaissant étonnamment métamorphosés à l’écran.

La performance de Michael Douglas, à peine remis de son cancer, n’en est que plus fabuleuse.

Aviez-vous rencontré Liberace de son vivant ?

Michaël Douglas : « Mon père avait une villa pas très loin de celle de Liberace, à Los Angeles. Un jour, je me souviens qu’il était passé devant chez nous dans sa Rolls rutilante. Il avait baissé la vitre et j’avais aperçu ses bijoux en or dans la lumière : ça brillait de toutes parts ! Il est peut-être celui qui a ouvert la voie à Elton John et à d’autres. »

Comment avez-vous réagi quand Steven Soderbergh vous a parlé du projet ?

M.D. « J’ai cru qu’il plaisantait ! Qu’est-ce que j’avais de commun avec ce personnage ? J’ai bien essayé de prendre la pause mais… Puis Steven a trouvé le livre sur la vie de Liberace. Il m’a parlé de Matt Damon dans le rôle de Scott. Juste après mon cancer, Steven m’a fait un grand cadeau. Merci de m’avoir attendu, je lui en serai infiniment reconnaissant.  »

Mais comment êtes-vous rentré dans la peau de Liberace ?

M.D. « Liberace était plus grand et plus carré que moi: l’aspect physique me paraissait très difficile à résoudre. J’ai surtout travaillé sur la voix afin de trouver le ton le plus juste possible. J’ai vu beaucoup de documents pour voir comment il jouait du piano: je n’ai pas cherché à apprendre à jouer moi-même, j’ai tenté de mimer ses mouvements des doigts que seul un expert peut déceler pour l’imiter au mieux.  »

Et le maquillage ?

M.D. « J’étais un peu horrifié au départ par ce masque qu’on m’imposait. J’vais l’impression de sortir d’une opération de chirurgie esthétique. On passait beaucoup de temps assis au maquillage surtout qu‘on a tourné le film en seulement 33 jours et qu‘on avait parfois plusieurs tenues sur une même journée. »

Pensez-vous avoir une chance pour un prix d’interprétation ?

M.D. « Je suis déjà venu plusieurs fois à Cannes. Obtenir un prix? Je suis déjà très heureux d’être ici et de pouvoir encore faire des films après ce que j’ai vécu. »