L’abbé Marcel Colignon poursuivi pour pédophilie est mort: l’action publique est donc éteinte

Le 18 juin prochain, un procès attendu allait s’ouvrir devant le tribunal correctionnel de Dinant. Sur le banc des parties civiles, une vingtaine de victimes allaient prendre place. En face d’elles, l’abbé Marcel Colignon. Il voulait être présent, et l’avait d’ailleurs promis dans nos colonnes. Présent pour affronter les regards émus ; présent pour expliquer ses gestes déplacés. Mais il n’en sera rien…

Ce samedi 1er juin, il est décédé à l’abbaye de Rochefort, où il avait élu domicile depuis plusieurs mois. Une mort qui, comme le consacre l’expression juridique, « éteint l’action publique ». Le bourreau mort, les victimes ne peuvent donc plus espérer obtenir des réponses, voire des excuses.

Car l’histoire donne la nausée. En 1968, Marcel Colignon, jeune Dinantais, est ordonné prêtre à l’église de Flawinne, dans l’entité de Namur. C’est à cette époque que débutent les faits. Jusqu’en 2011, il aurait abusé de plusieurs dizaines de jeunes garçons, tous âgés de moins de 16 ans. Les faits se sont produits à Namur, mais aussi à Philippeville et Doische, dans la province namuroise.

Le scandale de ce curé pédophile a éclaté en septembre 2010. À cette époque, l’évêché de Namur est averti par le parquet de Dinant que l’abbé Colignon est impliqué dans une affaire d’attouchements. Des faits qui ont été révélés sur base d’une lettre anonyme, envoyée à la police par un membre de la famille Colignon, lui-même victime du prêtre. Après ces faits, le curé s’est vu signifier une interdiction d’être en contact avec des enfants dans l’exercice de ses fonctions, de reprendre le catéchisme, ou encore de célébrer des funérailles.

La semaine dernière, Marcel Colignon avait contacté le cabinet de son avocat. À la secrétaire de Maître Balleux, il a expliqué qu’il n’était pas certain de pouvoir se déplacer pour écouter ses victimes.

Plus d’infos dans les journaux du groupe Sudpresse ce lundi 3 juin ou via nos éditions numériques.