Aubange: les ouvriers de Federal Mogul sont résignés

Les drapeaux multicolores et les braseros ne sont pas encore de sortie sur le site aubangeois de l’entreprise américaine Federal Mogul. Bien au contraire : c’est le calme plat qui régnait ce mardi à l’arrivée des ouvriers de l’après-midi. Pourtant, les forces de l’ordre ont bien cru revivre l’épisode plus houleux qui s’était déroulé lors de la dernière restructuration, quand une dizaine de camionnettes de la police avaient dû intervenir sur le site. « Il y a eu le feu ce matin », nous informe en effet un ouvrier. Un feu qui n’avait rien d’intentionnel. « C’est un pur accident. Mais le feu était tout de même sérieux. Les pompiers et les policiers sont intervenus. » L’incendie social, lui, n’est pas pour tout de suite. De l’avis de la plupart des ouvriers rencontrés sur place, le mot d’ordre est plutôt wait and see. Point de colère ou d’agressivité, mais plutôt une résignation qui transparaît dans tous leurs propos. « On s’y attendait depuis des années, depuis que l’entreprise a arrêté la fabrication de bougies en fait », nous explique un ouvrier. « Dans mon département, nous sommes souvent en chômage économique. Et puis, les syndicats nous avaient prévenus. Mon sentiment est un peu mélangé. S’il fallait ça pour pérenniser le site, alors ça me va. Mais je crois que la direction elle-même ne sait pas de quoi demain sera fait. » Pour preuve, la réunion tenue il y a quelques jours à peine, et pendant laquelle la direction a réaffirmé que tout allait bien et qu’il n’y aurait pas de licenciements. « On nous a parlé du bilan, des investissements. Qu’on comptait sur Aubange. Le message vient de changer radicalement… » Après 23 ans de carrière, cet ouvrier, comme beaucoup d’autres, ne voit en réalité plus qu’une seule échappatoire : la prépension. Gageons que les syndicats pourront exaucer ce vœu.

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