Le faux Gainsbourg a été condamné à deux ans de prison pour avoir poignardé le faux Johnny

L’accusé, Denis Colnot de son vrai nom, 48 ans, entretenait depuis de nombreuses années une rivalité nourrie avec Michel P., imitateur de Johnny Hallyday, qu’il croisait régulièrement dans les concours régionaux de sosies.

«Il s’agit de deux dominants qui ont besoin de se chercher», a commenté l’avocat général, Yann Daniel, qui parle d’une «sorte de bataille de gamins».

Les deux chanteurs amateurs échangeaient régulièrement des SMS d’insultes, avant que la situation ne dégénère, dans l’après-midi du 23 juillet 2011, lorsque «Johnny» a tondu la pelouse dans la résidence où les deux sosies habitent, dans un quartier populaire d’Epinal.

«Gainsbourg», de son balcon, l’avait invectivé, puis était sorti de son appartement avec un couteau de cuisine qu’il avait planté dans la gorge de «Johnny», à quelques millimètres de la carotide.

«Il était sous emprise de l’alcool, comme souvent, mais je ne l’avais jamais vu dans cet état-là. Ils se sont provoqués, puis j’ai vu Denis sortir le couteau, et je me suis demandé +Qu’est-ce qu’il va se passer?+», avait raconté à l’AFP un voisin, Daniel, témoin de la scène.

«Il a couru, il l’a planté à plusieurs reprises, puis il est remonté dans son appartement et a nettoyé son couteau. Après, Denis était comme paralysé, il ne disait plus rien», avait poursuivi ce témoin.

Lors de ses auditions, le faux Gainsbourg avait dit qu’il ne supportait plus les humiliations répétées de «Johnny», qui le traitait notamment de «cas social». Cinq jours avant le drame, «l’homme à la tête de chou» avait d’ailleurs déposé plainte pour harcèlement contre le faux Hallyday.

«Je reconnais le coup de couteau mais je n’avais pas l’intention de tuer», a soutenu tout le long du procès l’accusé, 48 ans, qui a raconté une vie marquée par la violence de son père, puis la misère, la dépression et l’alcool.

«J’ai fait une connerie, mais il ne fallait pas m’emmerder», a-t-il encore déclaré aux jurés avec des faux airs de Gainsbarre.

Face à lui, sur le banc des parties civiles, était assis le sosie de Johnny Hallyday, sa victime, alias Michel P., front dégarni, nuque longue, aux faux airs de Léo Ferré.

Selon lui, ses rapports entre le presque-Gainsbourg et lui n’étaient que «taquins et gentils».

Le quadragénaire ayant déjà purgé une partie de sa peine, il devrait être libéré dans un mois, ont annoncé Me Gérard Welzer et Me Rémi Stephan, les avocats de la défense.