La nouvelle place des Martyrs: «Comme le jaune de la Flandre»

Nouveaux pavés, nouveaux bancs, nouveaux arbres et nouvelles poubelles. La place des Martyrs, dans le centre historique de Bruxelles, dévoile depuis ce jeudi et la levée des barrières de chantier le résultat de son lifting, après sept mois de rénovation. Oubliez les pavés gris et découvrez ceux de couleur beige, tirant vers le jaune. Du jaune, sur la place abritant le siège du gouvernement flamand et de son ministre-président Kris Peeters (CD&V), voilà qui est cocasse.

A la Librairie polytechnique, situé à l’angle de la place des Martyrs et de la rue du Persil, quelques clients ont d’ailleurs émis des remarques. « Ils nous ont demandé s’il était prévu de peindre les bancs en noirs, pour faire plaisir aux Flamands », confie Béatrice, vendeuse dans ce magasin de livres scolaires.

Christine De Naeyer, directrice de la libraire Quartiers Latins, installée en face de la libraire polytechnique, n’apprécie pas ces nouvelles pierres. « On aurait du garder des tonalités plus bruxelloises, comme le bleu-gris. Ce beige ne me plait pas du tout. Cela fait penser à la plage. Pour moi, c’est un non-respect du patrimoine », décrie-t-elle.

Du côté des associations d’anciens combattants, on se dit soulagé d’avoir préservé les pavés. Il faut dire que le site abrite les dépouilles des combattants tombés en 1830 pour l’indépendance de la Belgique. « On nous avait parlé de choses épouvantables. Il avait été question de remplacer les pavés par un revêtement comparable à ceux qu’on trouve dans les parcs, une sorte de gravier compact », se souvient Jacqueline de Montjoye, présidente de l’association patriotique ProBelgica. « Imaginez-vous des enfants, creusant ce gravier et tomber sur des os. Il ne faut pas oublier que cette place est avant tout un cimetière où reposent des héros de la Nation. »

Anthony Milléquant, membre de la société royale Les Enfants et Descendants des combattants de 1830 partage cet avis. Mais, il pointe d’autres aspects. « Les plots en pierre bleue ainsi que les chaînes les reliant n’ont pas été replacés. Certaines voitures en profitent pour se garer. Mais cette place est un cimetière, pas un parking ! Les personnes qui reposent ici nous on offert le pays, on leur doit un minimum de respect », déplore-t-il.

Anna, serveuse à la taverne Brosella, rue Saint-Michel , se plaint aussi des voitures. « Les voitures passent. Mais c’est interdit, c’est une place piétonne », insiste cette jeune femme.

Ann-Joëlle Diricq Plus dans La Capitale de ce vendredi