Les punaises de lit prolifèrent dans les hôtels bruxellois

Les punaises de lit envahissent les hôtels bruxellois. C’est en tout cas le constat de Mustapha Iderb, gérant de l’entreprise AlloMouss, spécialisée en désinsectisation. «  Je suis inquiet. Ces insectes se propagent de plus en plus et les hôtels ne réagissent pas », déclare-t-il.

Pour sensibiliser ceux-ci, Mustapha a filmé le problème. Il a ensuite publié ses vidéos sur Youtube. Dans celles-ci, il ne se limite pas à un face caméra. Dans le cadre de chambres d’hôtel (malheureusement non reconnaissables), il examine méticuleusement les draps, retourne le matelas et va même jusqu’à démonter le cadre du lit. Son but : dénicher une punaise et la montrer aux internautes.

Ne dénonçant pas les hôtels concernés, il n’a pas eu le succès escompté. Les trois vidéos visant spécifiquement les établissements bruxellois n’ont, en effet, été vues que quelques dizaines de fois.

Pourtant, le problème est, selon lui, bien réel : « Cette année, le nombre d’hôtels bruxellois infestés a augmenté. Les demandes de traitement sont en hausse, dans mon entreprise comme dans celles de mes concurrents. À l’heure actuelle, je pense qu’au moins un hôtel sur dix est concerné. »

Ces insectes, profilés pour se cacher, ressortent en présence humaine. « Les punaises sont attirées par la transpiration, l’expulsion de gaz carbonique et la chaleur corporelle. Ces parasites ne sont donc pas excités par la chaleur mais par le sang. Ils piquent afin de muer », explique le gérant.

Comme le corps humain ne réagit à la piqûre que deux heures plus tard, les clients des hôtels ne se rendent pas toujours compte de la provenance de ces démangeaisons.

En plus des picotements, des douleurs plus vives peuvent aussi survenir, par exemple dans le cas d’allergie aux piqûres. Mustapha Iderb raconte : « un touriste allemand a dû se faire hospitaliser suite à son séjour dans un hôtel bruxellois. Au total, les médecins ont dénombré 155 piqûres sur son corps, toutes subies en une seule nuit. »

Les hôtels sont souvent conscients de la présence de ces insectes parasites dans leur établissement. Toutefois, ils ne prennent pas la peine de faire appel à des sociétés spécialisées, laissant le phénomène s’aggraver. « Le prix, les inconvénients et l’incertitude de l’éradication complète ont raison des hôteliers  », déclare Iderb. Aux clients donc d’éviter ces établissements tant que possible.