Albert II a signé l’acte officiel de son abdication en remerciant Paola avec un "gros kiss"... qui a versé plusieurs larmes (photos)

La cérémonie s’est déroulée dans la majestueuse salle du trône du palais royal de Bruxelles, en présence de membres de la famille royale, dont le futur roi Philippe et la future reine Mathilde, de nombreux responsables politiques ou encore de représentants religieux ou du pouvoir judiciaire.

Avant cette signature historique, à laquelle ont assisté quelque 200 invités, le Souverain a rendu un hommage particulier au Premier ministre, aux membres du gouvernement et aux huit partis qui ont participé à la réforme de l’Etat. Il a également remercié chaleureusement la reine Paola, très émue, à laquelle il a adressé un «gros kiss», avant de s’adresser à son fils, le prince Philippe, soulignant que le futur roi a «toutes les qualités de coeur et d’intelligence» pour très bien servir la Belgique. «Toi-même et ta chère épouse Mathilde, avez toute notre confiance. Ta mère et moi formons le voeu ardent de plein succès dans cette tâche à laquelle tu es bien préparé», a déclaré le roi Albert II.

Le souverain, lui aussi très ému, a conclu son discours en formulant ses «dernières recommandations» aux autorités rassemblées en la salle du trône. «Travaillez sans relâche à la cohésion de la Belgique. Vous serez ainsi davantage encore des artisans de paix, vous défendrez au mieux le bien-être de tous, et notre pays restera une inspiration pour l’Europe qui cherche l’unité dans la diversité», a-t-il déclaré.

Le Premier ministre, Elio Di Rupo, a ensuite pris la parole pour remercier le souverain sortant, «un grand chef de l’Etat». «C’est la tête haute et le devoir parfaitement accompli que vous tournez aujourd’hui une page importante de l’Histoire de notre pays», a déclaré le Premier ministre, avant de remercier la reine Paola pour sa «bienveillance et son soutien».

M. Di Rupo s’est aussi adressé au futur roi Philippe ainsi qu’à la future reine Mathilde, auxquels il a offert «le plein soutien du gouvernement».

La ministre de la Justice, Annemie Turtelboom, a ensuite lu l’acte d’abdication, dans les trois langues nationales.

Le roi Albert a finalement signé l’acte officiel de son abdication à 10h45, qui a également été signé par plusieurs témoins, parmi lesquels les présidents de la Chambre et du Sénat, le Premier ministre et des responsables du pouvoir judiciaire.

La cérémonie, chargé d’émotions, a été l’occasion d’une accolade entre le roi Albert et le futur roi Philippe, entre un père et son fils, et s’est clôturée sur les notes de la Brabançonne.

Il s’agit de la première abdication d’un chef de l’Etat belge depuis celle de Léopold III en 1951, mais celle-ci était alors survenue dans le contexte tumultueux de la «question royale».

Le prince Philippe succédera à son père et deviendra le septième roi des Belges en prêtant serment, vers midi, devant les Chambres réunies.

Albert II avait annoncé le 3 juillet dernier son intention d’abdiquer en faveur du prince Philippe, le 21 juillet. Albert II avait succédé à son frère Baudouin le 9 août 1993.