Un handicapé mental stérilisé dans son «propre intérêt»: il ne savait pas comment ne pas mettre sa femme enceinte

Cet homme, présenté comme «DE», a déjà un fils né en 2010 et n’a pas envie d’avoir d’autres enfants, mais son retard mental l’empêche de prendre une décision quant à une vasectomie, selon les experts médicaux.

Ce sont ses parents, son médecin généraliste et les services sociaux qui ont fait la demande pour «DE», doté d’un QI de 40, équivalent à celui d’un enfant âgé entre 6 et 9 ans.

«DE», qui vit chez ses parents dans les Midlands au centre de l’Angleterre, est parfaitement capable d’avoir des relations sexuelles. Mais il ne sait pas s’y prendre pour éviter que «PQ», sa compagne depuis dix ans, elle-même handicapée mentale, ne retombe enceinte, une option que personne ne dit souhaiter.

L’incapacité du couple à recourir à la contraception a conduit les autorités à prendre des mesures drastiques en empêchant «DE» de se retrouver seul avec sa petite amie.

Cette décision avait été prise après la naissance de leur enfant qui a eu «un impact profond» sur les deux familles et les intéressés eux-mêmes. Selon le juge, «DE» a été très perturbé par l’arrivée de son fils et ne comprend pas qu’il est la conséquence de ses relations sexuelles avec sa compagne.

La vasectomie est «indéniablement dans le propre intérêt de +DE+» puisqu’elle «lui permettra de reprendre sa relation de longue date avec PQ et lui restituera toutes ses aptitudes ainsi que son indépendance», a estimé la juge Eleanor King vendredi.

Angus Moon, qui défendait les intérêts de «DE» devant le tribunal, a insisté avant le jugement sur le fait qu’il était «indéniable» qu’il s’agit d’une opération voulue.

«Ce cas n’a rien à voir avec l’eugénisme et ce n’est pas l’histoire d’un homme qui va subir une vasectomie contre son gré, a-t-il ajouté. On est devant un cas de figure exceptionnel, le premier dans cette juridiction (Angleterre et Pays de Galles) et il n’est pas censé donner le feu vert à d’autres vasectomies chez des déficients mentaux.»

La stérilisation contrainte des handicapés à des fins eugéniques, largement pratiquée dans la première moitié du XXe siècle, est considérée comme un crime contre l’humanité depuis l’adoption du Statut de Rome en 1998.