Japon: des flaques d’eau radioactive ont été découvertes à la centrale de Fukushima

Le niveau de la radioactivité, mesuré à environ 50 cm au-dessus de ces flaques, était d’environ 100 millisieverts par heure, ont précisé les mêmes sources. Un millisievert par an correspond à la limite d’exposition acceptable pour l’homme telle qu’établie par Commission internationale de protection radiologique.

Quelque 120 litres d’eau pourraient s’être échappés d’un réservoir d’eau, ont ajouté ces sources. Tepco, la compagnie qui exploitait la centrale, a affirmé que l’eau contaminée ne s’était pas écoulée dans l’Océan Pacifique tout proche, mais l’Autorité de régulation nucléaire a demandé à ce que soit étudiée l’éventualité contraire en raison de la présence de canalisations à proximité.

Une barrière peu élevée mise en place autour des réservoirs d’eau est censée arrêter l’eau en cas de fuite, mais les valves des canalisations pourraient avoir été laissées ouvertes, permettant ainsi à l’eau radioactive de s’écouler à l’extérieur de cet espace confiné, selon Kyodo.

Un employé de Tepco a ainsi découvert que de l’eau fuyait d’un valve vers 09H50 (02h50 belges) lundi et une des flaques qui se sont formées au-delà de la barrière mesurait trois mètres carrés pour un centimètre de profondeur. Tepco a commencé à pomper vendredi de l’eau souterraine radioactive pour tenter de réduire les fuites vers l’océan Pacifique.

Mercredi, le Premier ministre Shinzo Abe avait annoncé que les autorités allaient davantage s’impliquer dans la gestion de cette eau contaminée dont l’écoulement en mer constitue d’après lui un problème «urgent».

Tepco se débat depuis mars 2011 pour faire face aux conséquences de l’accident survenu à la centrale de Fukushima Daiichi (220 km au nord-est de Tokyo), à la suite d’un très violent séisme et surtout d’un tsunami. Le problème le plus aigu depuis plusieurs semaines consiste à empêcher cette eau radioactive infiltrée dans le sous-sol d’atteindre l’océan Pacifique.

Confrontée à un manque de moyens de traitement, de stockage et de confinement de cette eau, Tepco a dû reconnaître fin juillet, pour la première fois, qu’une partie de cette eau s’était déversée dans l’océan, après avoir longtemps nié les faits. Selon l’expert français Jérôme Joly, directeur général adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), l’impact environnemental de ces fuites d’eau contaminée resterait toutefois marginal par rapport à la radioactivité totale émise en 2011 au moment de l’accident.