Un journaliste retrouvé mort au Pakistan, le corps mutilé

Une dépouille mutilée, abandonnée dans les faubourgs de la métropole économique pakistanaise Karachi, a été identifiée jeudi comme celle d’un journaliste local porté disparu depuis cinq mois, a annoncé sa famille. Deux corps en décomposition ont été retrouvés mardi dans la banlieue ouest de Karachi, mégapole de 18 millions d’habitants en proie à une vague d’assassinats sans précédent. Un bout de papier retrouvé près des dépouilles suggérait que l’une des deux victimes était Haji Abdul Razzaq Baluch, journaliste au Tawar (La voie), un quotidien en langue baloutche, porté disparu depuis mars dernier. Son corps était à ce point mutilé que sa famille a dû visiter à plusieurs reprises la morgue pour l’identifier. « Il était défiguré, son visage n’était pas reconnaissable, ce sont ses bras et ses pieds qui nous ont permis de l’identifier », a dit à l’AFP sa sœur, Saeeda Sarbazi. Selon des membres de la famille, Haji Abdul Razzaq Baluch avait été enlevé à Lyari, arrondissement de Karachi peuplé par l’ethnie baloutche en proie à une guerre des gangs sans merci sur fonds de rivalités politico-économiques. Le ministre de l’Information de la province méridionale du Sind, dont Karachi est la capitale, Sharjeel Memon, a indiqué à l’AFP que les autorités tentaient de faire la lumière sur cette affaire. La province pakistanaise du Baloutchistan (sud-ouest), voisine du Sind et théâtre de nombreux attentats par la rébellion locale et des groupes islamistes armés, est l’une des régions les plus dangereuses au monde pour les journalistes, selon l’organisation Reporters sans frontières (RSF).