Qui a enlevé Jules, le Golden Retriever qui avait failli défigurer le petit Kyandro?

Il y a un mois et demi, les vacances de la famille Hauchecorne ont tourné au drame. Raphaël, le papa, Ulrika, la maman et leur petit garçon de trois ans, Kyandro, profitaient du beau temps dans un camping de Ramatuelle (département du Var). Le 19 juillet, la famille déjeunait. Jules, dix-huit mois, le golden retriever du grand-père paternel, était attaché à un arbre. « On a ensuite joué à la balle et, sans comprendre pourquoi, le chien a sauté d’un coup sur notre fils. Cela a duré moins de dix secondes », explique le papa qui est lieutenant au sein de la base aérienne de Beauvechain. Kyandro a été mordu à cinq reprises par le chien devenu fou. « Kyandro hurlait. Ma compagne a crié en me demandant de frapper le chien. Je l’ai attrapé et j’ai beaucoup frappé. J’étais très énervé ».

Jules lâche sa prise mais le petit est fort blessé. « Son œil saignait. Il avait un trou de deux centimètres dans la joue. Son oreille était à moitié arrachée. Quand je me suis rendu compte de l’ampleur des blessures, j’ai frappé à nouveau le chien. Par colère. Par incompréhension. D’ailleurs, je me suis cassé un os de la main ».

Raphaël n’en voulait pas au chien mais à ses parents. « Je suis fils unique... et ils le considéraient comme un deuxième enfant, pas comme un animal. Jules a sans doute été jaloux de Kyandro. Je ne vois pas d’autre explication. Il n’a jamais été éduqué ».

Gérard, le grand-père, était bien décidé à le faire euthanasier après que son chien ait terminé sa mise en quarantaine.

Un pompier professionnel niçois l’en a dissuadé. Patrick Villardry est aussi éducateur canin. Il utilise notamment les chiens pour retrouver des personnes sous les décombres. « Je me suis occupé d’une partie du dressage. Pour éviter toute agressivité, je l’ai fait castrer mais c’est un chien très gentil. Ce qu’il a fait à l’enfant est un accident », plaide Patrick Villardry depuis son refuge de Tourette-Levens. « Cela m’a coûté 1.000 euros mais le chien était prêt pour son retour en Belgique. Le grand-père habitant Westerlo allait venir le chercher le 10 septembre. Il avait déjà son billet ». Cette fois, il n’était plus question d’euthanasie. « Non, les problèmes de famille étaient résolus ».

Hélas, un nouveau coup de théâtre est survenu le week-end dernier. « Samedi, il y avait beaucoup de monde au refuge. Je n’étais pas là mais mes deux assistants bien. Trois chats ont été adoptés... et, en fin de journée, ils ont constaté que deux chiens manquaient. Parmi eux, il y avait Jules ».

L’homme est persuadé qu’il a été enlevé par des activistes. « Des fous furieux. Des gens qui ne voulaient pas que je rende Jules à son propriétaire! Pourtant, c’est la loi. Ils avaient peur que le grand-père ne pique son chien ».