«Il est moins une pour la Wallonie», selon Willy Borsus et Charles Michel

Sur les hauteurs de la citadelle de Namur où ils avaient convié la presse, le tandem libéral a initié, en soutien à la publication de cet ouvrage de 150 pages, une consultation de la population par internet sur 25 «propositions fortes» pour la Région. «Ce n’est pas un énième plan sur l’avenir de la Wallonie, mais un appel à l’engagement», a affirmé Charles Michel.

Le redressement de la Wallonie est à ses yeux une clé d’avenir de la Belgique. «Les tempêtes communautaires des dernières années se sont nourries de l’écart de développement entre les Régions ; le nationalisme flamand en a abusé pour nourrir à son tour un certain nombre de populismes», a-t-il commenté à la veille des Fêtes de Wallonie.

Si le parti d’opposition - dans les entités fédérées - reconnaît «certains éléments positifs» dans le travail de l’Olivier (pôles de compétitivité, intégration de l’enseignement dans le Plan Marshall 2022), il juge urgent de faire «plus et mieux» pour créer de la prospérité et de l’emploi, vu les dix années de redressement laissées à la Wallonie par la réforme de l’Etat. «Il est moins une», titre l’ouvrage de MM Michel et Borsus.

Pour ce faire, ils fixent un objectif de création de 30.000 emplois par an, essentiellement dans le secteur marchand, «contre 12.000 actuellement».

La création d’entreprise doit y aider, car ces dernières sont «trop peu nombreuses, trop petites et trop peu tournées vers l’extérieur», selon Willy Borsus. La formation initiale également, en structurant les pouvoirs organisateurs par bassins d’emploi transcendant les réseaux ou en inculquant l’esprit d’entreprendre.

En innovation, le MR compte notamment «sanctuariser» le budget recherche et développement et l’augmenter de 5%, poursuivre l’amélioration du statut des chercheurs et pérenniser les pôles de compétitivité.

L’économie wallonne doit aussi, selon Willy Borsus, bénéficier de coûts salariaux réduits lors du recrutement des premiers salariés, ou encore intéresser les travailleurs à l’actionnariat de leur entreprise.

La rationalisation des outils économiques et financiers wallons figure sans surprise au programme des Bleus. Plus de transparence aussi, en faisant d’une intercommunale telle que Tecteo une entreprise publique sous contrôle régional.

Le MR a annoncé à cet égard le dépôt d’une proposition de décret, au lendemain de la démission de son administrateur Alain Jeunehomme qui avait approuvé le rachat du groupe de presse l’Avenir par Tecteo contre l’avis du parti.

En matière énergétique, «ne tentons pas de démontrer que nous sommes les meilleurs du monde, au risque de nous tirer une balle dans le pied», lance M. Borsus. Considérant avant tout les coûts de l’énergie, il propose de se limiter au quota européen d’énergie verte pour éviter de créer «un handicap économique supplémentaire».

A huit mois du scrutin régional, les libéraux rappellent leur volonté d’une élection directe du ministre-président et le passage au scrutin majoritaire.

Mais pas plus qu’en Région bruxelloise où Didier Reynders et Vincent De Wolf pourraient apparaître comme un pendant du duo Michel-Borsus en Wallonie, le MR ne veut désigner un candidat à l’Elysette.

Dans une Belgique où chaque parti peut se retrouver dans la majorité à un niveau de pouvoir et dans l’opposition à un autre, le président Michel veut garder les mains libres pour choisir, après les choix posés par l’électeur, quelles personnalités assumeront quelles responsabilités.