Des Hutois capturent et mangent encore du... hérisson

Angélique fait partie de la communauté des gens du voyage. Sédentarisée, la jeune femme de 37 ans vit aujourd’hui à Gives (Huy) entre quatre murs. Seul signe de ses origines nomades : le hérisson de pierre qu’elle a posé à l’entrée de sa maison. « A cause de son caractère vagabond, le niglo, comme nous l’appelons dans notre langue, est devenu l’emblème des gens du voyage. »

Angélique nous apprend qu’il est aussi le plat de secours quand les finances sont en berne. Une tradition ancienne qui reste encore vivace, selon elle. « Autrefois, la chasse aux hérissons était très fréquente chez nous. Aujourd’hui, c’est devenu plus rare parce qu’ils sont protégés. Mais aussi parce qu’ils ont plus de tiques et de maladies qu’auparavant. Mais je sais que certains dans la communauté continuent à le capturer pour le manger ».

La preuve, il y a quelques années en France, des policiers ont saisi dans un camp de gitans 22 hérissons emprisonnés vivants dans des boîtes en plastique, tous dans l’attente de passer à la casserole.

Dans un travail d’école, la fille d’Angélique a consacré un chapitre à ce sujet. Elle y explique comment les gens de sa communauté s’y prennent pour le tuer et pour le cuisiner. Tout un art.

Pour le tuer d’abord. «  C’est comme pour un lapin, un coup frappé à l’arrière de la tête », explique le mari d’Angélique. La suite est assez déroutante.

« Une fois tué, poursuit-il, nous l’emplissons d’air à l’aide d’une pompe à vélo jusqu’à ce qu’il ait atteint la taille d’un ballon de foot. C’est plus facile pour raser les piquants que nous ramollissons en plongeant l’animal dans l’eau chaude», justifie-t-il alors que nous le regardons ébahi.

Une fois ce travail délicat effectué, il reste à brûler les poils, un peu comme on le fait avec une poule. Puis, on coupe la tête et le bout des pattes. On vide les intestins.

Et hop, voilà l’animal prêt à voler dans la casserole.

« La viande de hérisson se cuit comme une carbonnade», ajoute la jeune femme.

Le goût ? « Comme du gibier. C’est une viande plutôt rouge au goût assez prononcé qui se défait comme une carbonnade. Si je dois comparer, je dirais que ça ressemble à du faisan ».

Rappelons que hérisson est un animal protégé et que sa capture et sa mise à mort sont strictement interdites.

Retrouvez le reportage complet dans la Meuse Huy-Waremme de ce mercredi 25 septembre.