Vingt-sept Roms sont jugés en France pour avoir forcé leurs enfants à voler, notamment en belgique

Une «affaire emblématique», selon le parquet, qui intervient quelques jours seulement après des déclarations du ministre français de l’Intérieur Manuel Valls affirmant que la majorité des Roms doit être expulsée de France en raison de «modes de vie extrêmement différents».

«J’espère qu’il n’y aura pas de stigmatisation judiciaire comme il y a actuellement une stigmatisation politique» à l’encontre des Roms, a commenté Me Alain Behr, avocat d’un homme présenté comme l’un des chefs de clan.

Les 27 prévenus, membres de trois familles, comparaissent devant le tribunal correctionnel de Nancy pour association de malfaiteurs et complicité dans une centaine de vols, commis en 2011 par leurs enfants, alors âgés d’une dizaine d’années. Le procès doit durer une quinzaine de jours. Ils risquent dix ans d’emprisonnement.

Enfants « prêtés »

Plusieurs des suspects sont également poursuivis pour traite d’êtres humains, après que l’enquête a mis en évidence des transactions entre familles, où certains enfants étaient «prêtés» pour près de 100.000 euros. La défense conteste toutefois la qualification, et soutient qu’il s’agissait d’une dot, dans le cadre de mariages, selon la coutume de ces familles.

En septembre 2011, la gendarmerie française avait lancé un vaste coup de filet, procédant à des dizaines d’interpellations simultanées en Alsace et en Lorraine. Les enquêteurs avaient ensuite remonté le réseau, des opérateurs aux coordinateurs, recensant une centaine de vols commis dans l’Est de la France, mais aussi dans le Sud-Est et à Paris, en Belgique et surtout en Allemagne.