Les Etats-Unis capturent Abou Anas al-Libi, leader présumé d’Al-Qaïda, en Libye

« Suite à une opération américaine de contre-terrorisme, Abou Anas al-Libi est actuellement légalement détenu par l’armée américaine dans un endroit sûr à l’extérieur de la Libye », a déclaré le porte-parole du Pentagone, George Little, dans un communiqué, confirmant de précédentes informations.

Le gouvernement libyen a été informé de cette opération, menée en plein jour à Tripoli par les forces spéciales américaines, pour capturer cet homme, connu sous le nom de Abou Anas al-Libi, avait indiqué plus tôt la chaîne CNN, citant un responsable américain. Cette capture met un terme à une traque de plus de quinze ans.

Abou Anas al-Libi, de son vrai nom Nazih Abdul Hamed Al-Raghie, 49 ans, pourrait être transféré aux États-Unis pour y être jugé. Il a été accusé par une cour fédérale américaine d’avoir joué un rôle clé dans les attentats contre les ambassades américaines de Dar es Salaam et Nairobi en 1998.

Plus tôt, une source proche d’Abou Anas a déclaré à l’AFP, sous couvert d’anonymat, qu’il avait été « enlevé près de chez lui après la prière de l’aube par un groupe d’hommes armés ».

Abou Anas al-Libi, était membre du Groupe islamique de combat libyen (Gicl) avant de rallier le réseau d’Al-Qaïda. Le Gicl avait pour objectif de renverser le régime de Mouammar Kadhafi et à le remplacer par un État islamique radical. Il était dirigé depuis l’Asie centrale par Abou Laith al-Libi, un des tout premiers lieutenants d’Oussama ben Laden, tué en février 2008 dans les zones tribales du Pakistan.

Selon des sources proches du dossier, Abou Anas al-Libi serait revenu en Libye après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Il figure parmi les personnalités les plus recherchées par le FBI. Sa tête a été mise à prix pour cinq millions de dollars.

Le 7 août 1998, un attentat à la voiture piégée devant l’ambassade américaine à Nairobi avait fait 213 morts et quelque 5.000 blessés. La plupart étaient des passants ou des employés des immeubles voisins de l’ambassade, dans laquelle 44 personnes, dont 12 Américains, ont été tuées.

Quasi simultanément, l’explosion d’un camion-citerne piégé devant l’ambassade américaine à Dar es-Salaam (Tanzanie) avait fait onze morts et plus de 70 blessés, tous des passants. Al-Qaïda avait revendiqué les deux attentats.