Baudour: polémique sur le personnel infirmier

« Nous fonctionnons de jour avec quatre ou cinq infirmiers et avec trois de nuit et les week-ends. Nous faisons 12 heures par jour. L’idéal pour nous serait d’être à 20 ou 21 infirmiers, or ce n’est pas le cas. Nous avons besoin d’un renforcement de deux personnes. Nous avons fait la demande, envoyé des mails à notre direction, mais rien ne bouge ! » Et notre chef de service pointe du doigt le noyau du problème selon lui.

Les intérimaires moins compétents

« Quand on engage, ce sont des intérimaires ! Ce n’est vraiment pas l’idéal, car ils n’ont pas toujours les qualifications et les compétences requises. Et ce qui fait souvent défaut aussi, c’est la motivation. Le souci, c’est que les infirmiers ne veulent pas venir chez nous !

D’abord, on demande ceux qui ont la formation SIAMU, une année de spécialisation pour les services des soins intensifs ou les urgences. Mais ce n’est pas facile à trouver ! D’accord, il y a des quotas à respecter concernant les infirmiers SIAMU, mais ils peuvent engager d’autres personnes plus qualifiées qu’un intérimaire.

Et puis quand ils ont ce titre, on ne veut pas prendre en compte l’entièreté de leurs années d’ancienneté, car ça coûte trop cher à l’hôpital ! Alors évidemment qu’on ne veut pas venir ici ! La charge de travail augmente, alors que nous, nous voulons diminuer les temps de travail ».

La direction réagit

Suite au malaise exprimé, Stéphane Rillaerts, le directeur général d’Epicura, réagit. « Il s’agit surtout d’un élan de mauvaise humeur de la part d’un de nos médecins, dit-il. Une règle ministérielle nous impose d’avoir 50 % de notre personnel qui détient le titre SIAMU. Nous sommes obligés de respecter la loi, malgré les faibles disponibilités sur le marché. Nous sommes face à de grosses pénuries pour les infirmiers.

Avec la fusion entre le RHMS et le Centre Hospitalier Hornu-Frameries, nous devons gérer une situation économique nouvelle, à laquelle les banques sont attentives. Financer une 4ème année de spécialisation coûte de l’argent. Les intérimaires que nous prenons ne sont pas sans compétence, il s’agit de personnes qui travaillent déjà dans un hôpital et qui complètent leur horaire  ».

Et d’ajouter : «  il est clair que notre objectif est d’arriver à un staff où tout le monde possède le titre SIAMU ».

Quand à la non prise en compte de l’ancienneté, le directeur dément.

« C’est totalement faux. Nous avons toujours repris les années d’ancienneté. Nous avons une politique très claire à ce sujet et il y a des règles imposées notamment dans les conventions collectives. Ce n’est jamais arrivé qu’une personne nous dise non car nous ne prenions pas en considération la totalité de son ancienneté. Je pense qu’il règne beaucoup de confusion ».