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Des peines alternatives pour lutter contre la surpopulation dans les prisons

Le Conseil central de surveillance pénitentiaire (CTRG) plaide pour plus de peines alternatives comme solution au problème de surpopulation carcérale en Belgique, rapporte lundi la VRT, sur base du rapport annuel du CTRG.

Lors de la première vague de l’épidémie de Covid-19, le gouvernement a pris une série de mesures pour réduire le risque de contamination des détenus et du personnel pénitentiaire. Un millier de prisonniers - environ 10% du nombre total - rentraient alors dans les conditions pour bénéficier d’une interruption de peine. Certains ont été libérés de manière anticipée, jusqu’à six mois avant l’échéance initialement fixée, selon le rapport annuel du CTRG.

Pour le président du Conseil central, Marc Nève, ces mesures n’ont entraîné aucun problème. «Elles ont rendu possible l’espoir de réduire drastiquement la surpopulation carcérale. La volonté politique combinée à l’engagement des acteurs judiciaires ont permis de libérer ou de maintenir en liberté des centaines d’individus sans danger pour la sécurité.»

Ces mesures étaient toutefois temporaires. Une fois qu’elles ont été levées, le nombre de détenus dans les prisons est revenu au même niveau qu’auparavant. Marc Nève regrette «une occasion manquée de résoudre le problème des prisons surpeuplées de façon structurelle, comme cela a été le cas dans des pays où les autorités ont décidé de ne plus sanctionner certains délits par une peine de prison. Pourquoi ne pourrions-nous pas suivre cette voie ?», s’interroge le président du CTRG.

Dans son rapport annuel, l’organe plaide pour plus de peines alternatives. Le message s’adresse au ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne ainsi qu’aux juges et procureurs «afin de leur faire prendre conscience de leur rôle en matière de lutte conte la surpopulation carcérale».

Le ministre de la Justice convaincu par l’idée

Interrogé dans l’émission De Ochtend (Radio 1), le ministre de la Justice s’est dit convaincu par l’idée. «Lorsqu’on regarde les chiffres, on constate que la Belgique n’exagère pas avec les détentions : notre pays compte 93 détenus pour 100.000 habitants, contre une moyenne de 103 pour 100.000 habitants en Europe. Nous avons toutefois besoin de places supplémentaires. Les nouvelles prisons de Haren et Termonde ouvriront leurs portes l’année prochaine, mais cela ne suffira pas», a admis Vincent Van Quickenborne.

Le ministre mise sur les maisons de détention de plus petite taille et évoque le nouveau code pénal en préparation. «Pour certaines infractions, nous allons travailler sur des peines alternatives», assure-t-il.

Selon De Standaard et Het Nieuwsblad, le Conseil central de surveillance pénitentiaire plaide également pour la fin des fouilles systématiques en prison, le rapport annuel pointant diverses difficultés. «Les fouilles corporelles sont toujours un moment désagréable, mais elles ont lieu pour des raisons de sécurité. Parfois, on trouve des objets interdits», rétorque Vincent Van Quickenborne. «Mais de toute façon, les fouilles à nu ne sont jamais systématiques dans notre pays. Elles doivent être motivées et exécutées par une personne du même sexe», conclut-il.

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