Louboutin obtient l’interdiction d’une campagne anti-islam en Belgique

Le créateur français de chaussures de luxe Christian Louboutin a obtenu lundi de la justice belge l’arrêt d’une campagne publicitaire d’une association proche de l’extrême droite flamande où apparaissent ses célèbres semelles rouges. Le tribunal de commerce d’Anvers (nord), saisi par la société française, a décidé que le matériel de la campagne de l’association «Vrouwen tegen Islamering» (VTI — «Femmes contre l’islamisation») retire dans les 24 heures ses affiches sur lesquelles figurent les chaussures Louboutin, reconnaissables dans le monde entier grâce à leurs semelles rouges. L’affiche montrait l’arrière des jambes d’une jeune femme relevant une jupe noire et portant des chaussures à semelles rouges. Des traits laissent entendre quelle hauteur de jupe est «acceptable» ou non aux yeux des musulmans, de «conforme à la charia» (jusqu’aux pieds) à «lapidation» (en haut des cuisses. L’affiche est frappée du slogan «Liberté ou islam?». Les jambes étaient celles d’Anke Van dermeersch, une ancienne Miss Belgique devenue sénatrice du parti d’extrême droite Vlaams Belang (l’Intérêt flamand). Le chef de file du parti, Filip Dewinter, a publié immédiatement sur Twitter une nouvelle affiche légèrement modifiée. Elle montre toujours les jambes de la sénatrice, cette fois en position couchée, avec la même échelle graduée, le même slogan et un modèle de chaussures à hauts talons similaire. Mais les semelles ne sont plus rouges mais jaunes. Anke Van dermeersch a qualifié de «décision politique» le jugement du tribunal de commerce. Cette campagne est un détournement d’une affiche imaginée par une étudiante canadienne, Rosea Lake, qui avait intitulé son travail «Judgments». La jeune femme avait créé son affiche pour dénoncer les jugements sexistes dont sont victimes les femmes et a porté plainte en Belgique contre la récupération de son affiche par le parti d’extrême droite flamand.