Le jeu en ligne Candy Crush, une drogue ?

« Un week-end, j’ai joué dix heures d’affilée » explique la jeune maman. « Je suis devenue complètement accro, j’y pense tout le temps ».

Et lorsqu’on regarde les passagers dans le train ou le bus pianoter sur leur iPad, c’est bien souvent parce qu’ils essayent de rassembler des bonbons. Eux aussi, ont été absorbés par la tempête Candy Crush.

Pour une fois, ce ne sont pas les jeunes adolescents qui sont accros à ce jeu vidéo mais principalement les femmes.

Selon les créateurs du jeu, King.com, les joueurs les plus fidèles sont des femmes âgées entre 25 et 55 ans.

Le professeur Mark Griffiths de l’Université de Nottingham explique ce succès par le fait qu’il faille se concentrer et ne penser qu’au jeu pendant quelques minutes. Pendant ces courts instants, les femmes, qu’elles soient carriéristes ou mères au foyer, peuvent oublier tous leurs problèmes pendant quelques instants, peut-on lire dans le Daily Mail.

« Contrairement à la plupart des jeux en ligne, il ne faut pas se battre, tuer des gens ou être dans la peau de personnages hypersexualisés » explique Lucy Berkley.

Le principe de Candy Crush est assez simple. Le but est d’associer des combinaisons d’au moins trois bonbons pour remplir l’objectif du niveau et marquer un maximum de points.

Avec plus de 400 niveaux, le suivant étant à chaque fois plus difficile que le précédent, le joueur devient de plus en plus accro.

Les 35 premiers niveaux du jeu sont gratuits mais à partir du 36ème, il faut payer 0,89 cent pour obtenir 20 niveaux supplémentaires, bien qu’il soit possible d’éviter le payement en demandant à ses amis Facebook de nous envoyer de nouvelles vies.

Les prix peuvent tout de même vite monter ! Pour environ un euro, les joueurs peuvent acheter du matériel qui les aidera à réaliser au mieux leur mission. Un marteau à bonbons, par exemple.

« Au début, je jouais une partie ou deux sur mon temps de midi. Quand je rentrais à la maison, j’abandonnais le repassage et le ménage pendant une demi-heure ou plus, pour jouer sur mon iPad » se souvient Lucy.

Selon ThinkGaming, King gagne environ 500.000 euros par jour grâce à Candy Crush. Ce qui représente un chiffre d’affaires d’environ 180 millions par an.

« J’en ai entendu parler sur Facebook. Plusieurs de mes copines m’envoyaient des invitations ». raconte Lucy. « Je n’ai jamais joué à d’autres jeux sur mon téléphone pourtant. » Quand bien même, Lucy admet passer tout son temps libre sur son portable.

« Ce jeu a commencé à devenir un vrai problème, comme une addiction. Mon petit-ami me trouve folle parce que je joue jusqu’à ce que la batterie de mon téléphone ou de mon iPad soit plate. »

Même son fils, Ben, ne comprend pas l’attitude de sa mère. « Lorsque je vais le chercher à l’école, plutôt que de le prendre dans mes bras, je lui dis : juste une minute, Ben, j’arrive au prochain niveau ».

En quatre mois, Lucy affirme avoir dépensé près de 200 euros sur Candy Crash. « Ca en valait la peine ! ».

Steph Broky, une banquière de 37 ans, est elle aussi accro. Elle a commencé à jouer à Candy Crush il y a cinq semaines. « C’est la première chose à laquelle je pense en me levant » dit-elle.

« J’y joue même en allant jusqu’à ma voiture. Quand je rentre à la maison, j’y joue pendant que je prépare le dîner, quand je regarde la TV ». Son époux, Martin, ne la reconnaît plus. « Quand on est au lit et que je décèle une petite lumière dans le noir, je sais qu’elle joue en cachette ». Pour essayer de tromper son conjoint, Steph se cache sous la couette.

Un jour, Steph a même oublié d’aller chercher son fils à l’école car elle était bloquée à un niveau.

Si les joueuses de Candy Crush ne sont pas plus prudentes, certaines d’entre elles pourraient vite voir le goût de leurs bonbons tourner à l’amertume.