Affaire Fiona: confrontation de la mère et de son compagnon vendredi

Cette confrontation, évoquée mercredi par le quotidien La Montagne et confirmée de source judiciaire, était souhaitée par le parquet et l’avocat de Berkane Makhlouf depuis que la justice a requalifié les faits reprochés à la mère dans cette affaire.

Le 22 octobre, Cécile Bourgeon a été mise en examen à son tour pour «coups mortels aggravés», comme son compagnon, une qualification criminelle, alors que les juges lui reprochaient jusqu’alors quatre délits, dont le «recel de cadavre» et la «non assistance à personne en danger».

Le corps de Fiona n’a toujours pas été retrouvé malgré trois opérations de recherches autour du lac d’Aydat (Puy-de-Dôme), à une vingtaine de kilomètres au sud de Clermont-Ferrand.

Après plus de quatre mois de mensonges sur le sort de la fillette, portée disparue le 12 mai dans un parc de la capitale auvergnate, le couple Bourgeon-Makhlouf avait avoué fin septembre qu’elle était morte et que tous deux l’avaient enterrée à la lisière d’une forêt.

Les versions divergent cependant sur les circonstances du décès, la mère accusant son compagnon d’avoir porté un coup fatal à la fillette la veille de son décès.

Ce dernier accuse quant à lui sa compagne d’avoir frappé la fillette les jours ayant précédé le drame — l’enquête a démontré qu’elle avait un hématome à la tête une semaine avant sa disparition -, tout en maintenant la thèse de l’accident domestique — Fiona se serait étouffée en vomissant — pour expliquer le décès lui-même.

Pour le procureur de la République à Clermont-Ferrand Pierre Sennès, il est «cohérent» que les statuts juridiques des deux suspects soient désormais «alignés l’un sur l’autre» puisqu’ils se portent «des accusations réciproques».

La justice espère y voir plus clair après la confrontation des deux suspects, la découverte du corps de Fiona et son autopsie restant l’objectif principal des enquêteurs pour tenter de savoir qui dit vrai et offrir «une sépulture décente» à la fillette.