Mort de Ludovic Louis à Wellin: un simple coup de feu «pour faire peur»

Avant la nuit du 31 mars au 1er avril 2012, la cité du 150e à Wellin n’était déjà pas vraiment connue pour son caractère paisible. Mais la violence y a atteint un point de non-retour durant cette nuit tragique qui a vu Ludovic Louis perdre la vie, après avoir été la cible d’un tir de carabine.

Ce jeudi, le tribunal correctionnel de Neufchâteau ouvrait le procès de René Soroge, l’auteur du tir, par son instruction d’audience. Ce dernier est inculpé de coups et blessures volontaires ayant causé la mort sans intention de la donner. La juge Thomas et le substitut Donnay ont tenté d’y voir plus clair dans le déroulement des faits, ceux-ci ayant fait l’objet de versions multiples et contradictoires dans les jours qui avaient suivi le drame.

Christian Jacques, du SER de Bertrix, a pu, à cet égard, éclairer le tribunal. « Il y a eu une première altercation vers 21h30-22h. Maxime Hubaille s’était présenté bruyamment au domicile de sa mère, où vivait également son nouveau compagnon, René Soroge. On pense qu’il venait déjà chercher de l’argent. À ce moment, René Soroge avait montré son arme par la fenêtre de sa chambre, pour lui faire peur. Hubaille est donc reparti en voiture avec des amis, pour sortir à Lavaux-Sainte-Anne. Ils sont rentrés vers 2 heures du matin. Mais ils voulaient continuer à faire la fête. Seulement, ils manquaient de moyens…»

Maxime Hubaille et une petite bande préparent donc un plan pour s’introduire chez sa mère et subtiliser de l’argent. «Ludovic Louis a accepté de suivre Hubaille. Il était prévu que Maxime défonce la porte, et qu’ils attendent ensemble la réaction de Soroge avant de rentrer.» Mais rien ne s’est passé comme le prévoyait ce plan, pas très fouillé. Alerté par le bruit, René Soroge est descendu, arme chargée de quinze cartouches à la main, il a vu deux ombres s’enfuir du hall d’entrée, puis est descendu sur le pas de la porte. Il aurait ensuite aperçu Maxime Hubaille caché près d’un poteau électrique, et a tiré sur un bouleau situé juste à côté, «afin de l’effrayer». Devant le bouleau, vêtu de couleur sombre, se trouvait Ludovic Louis, qui a pris la décharge de 22 long dans le côté et est décédé durant son transfert à l’hôpital.

Devant le tribunal, René Soroge a répété qu’il n’avait pas vu Ludovic Louis. «Il n’était qu’à dix mètres de vous et, malgré l’éclairage public, vous ne l’avez pas vu?», a interrogé la juge Thomas. «Non, j’ai seulement vu Maxime, qui était juste en dessous de l’éclairage. J’ai visé un arbre situé juste à côté, en relevant un peu le canon. À hauteur du tronc.Je suis ensuite parti me recoucher. J’ai été réveillé quand Maxime Hubaille est venu crier devant la maison que j’avais tué son copain.»

La suite dans La Meuse Luxembourg de ce vendredi 8 novembre et dans notre édition numérique.