Jamel Debbouze: «Il y a du racisme en France, mais le Français n’est pas raciste»

Le film raconte l’histoire vraie d’une poignée d’enfants d’immigrés et de militants antiracistes partis en octobre 1983 de Marseille pour réclamer l’égalité des droits. Deux mois et un millier de kilomètres plus tard, ils étaient accueillis à Paris par 100.000 personnes.

Ce long-métrage est une façon de «mettre la lumière sur ces gens qui ont fait un acte d’amour et de fraternité pour la France absolument dingue», décrit Jamel Debbouze, pionnier du stand-up en France et comédien ultrapopulaire qui joue dans ce film un toxicomane roublard.

Et trente ans après, l’acteur dresse un bilan positif: «En 1983, les immigrés ou en tout cas les Maghrébins surtout mouraient tous les deux-trois jours à cause de crimes racistes, ce n’est plus le cas aujourd’hui».

«Il y a du racisme en France, c’est une vraie évidence mais la France n’est pas raciste», martèle avec verve l’acteur, selon qui le film, à l’image de la marche originelle, «est un message d’amour adressé à la France et aux Français».

«Dans la sémantique, il y a encore des progrès à faire, c’est certain mais c’est à cause de la crise, ce n’est pas à cause des gens», affirme Jamel Debbouze, né à Trappes et aujourd’hui installé sur l’île Saint-Louis, au coeur de Paris.

«Quand on vit une crise comme on vit en ce moment, le chômage faisant, on trouve toutes sortes de prétextes et souvent le prétexte c’est le voisin (...) c’est l’étranger, c’est la différence, on va à la facilité», poursuit-il.

Et le symbole de l’intégration de s’énerver contre les médias qui«jouent trop le jeu des extrêmes».

« Jean-Marine » Le Pen ne dit que des conneries »

«On a jamais autant vendu de torchons extrémistes que depuis qu’on en parle, il faut arrêter de parler de ces gens, arrêter de donner du crédit à+Jean-Marine le Pen+, elle ne dit que des conneries».

«Si on dit la vérité, on apaise», veut croire l’acteur, révélé comme comédien dans «Le Ciel, les oiseaux et ta mère» et «Le fabuleux destin d’Amélie Poulain», en 2000.