Charleroi: Alison, 18 ans, a tenté de poignarder un élève de 15 ans à l’école

Le 19 octobre 2010, une altercation avait éclaté entre deux élèves dans la cour de récréation de l’athénée Orsini Dewerpe de Jumet (Charleroi), où plusieurs adolescents étaient en train de fumer des joints. Alison S., âgée de 18 ans à l’époque, était sortie de ses gonds après une remarque désobligeante de Nurullah C., un élève de 15 ans. Des insultes à caractère racistes avaient été échangées entre les deux protagonistes.

Selon la partie civile et le parquet, confortés par les témoignages de plusieurs élèves, Nurullah se serait avancé vers la jeune femme pour lui demander de se calmer. Il l’aurait bousculée avant de regagner son groupe d’amis. Selon le Ministère public, Alison aurait alors saisi le couteau de type katana qu’elle gardait dans son sac à main pour se jeter sur son opposant et le poignarder dans le cou, alors qu’il avait le dos tourné. Et ce, en ajoutant qu’elle allait « le planter » et « le saigner comme un mouton, sans prier pour lui ». Un deuxième coup de couteau avait été porté au thorax de la victime avant que la jeune femme ne soit désarmée.

Poursuivie pour tentative de meurtre devant le tribunal correctionnel de Charleroi, Alison S. a nié toute intention homicide. Elle estime avoir essuyé les insultes de la partie civile qui se serait jetée sur elle en la saisissant à la gorge pour l’étrangler. « J’ai donné les coups de couteau pour me défendre », a déclaré Alison S., également poursuivie pour une autre scène, survenue six jours plus tôt et au cours de laquelle elle a également fait usage d’une arme blanche.

Tant le parquet que la partie civile se sont appuyés sur les déclarations des témoins pour invalider la version de la prévenue, également contredite par l’expertise médicale. Le Ministère public a requis 5 ans de prison, avec un sursis partiel éventuel.

Me Cloet, conseil d’Alison S., a écarté l’intention homicide, estimant que le seul coup potentiellement mortel avait été donné alors que les deux protagonistes étaient en train de chuter. L’avocat a soulevé l’excuse de provocation et demandé la requalification en coups et blessures volontaires pour solliciter le sursis pour ce qui excède la détention préventive. Jugement le 18 décembre.