Guillaume Gallienne (« Guillaume et les garçons, à table ! ») : «Je suis plutôt du genre à avoir des fous rires lors des enterrements !»

C’est ce spectacle que Guillaume Gallien a adapté au cinéma en y jouant son propre rôle ainsi que celui de sa mère !

Il était au Festival du Film Francophone de Namur, fin septembre, pour présenter son premier film. Rencontre.

Question : Quelle est la part autobiographique dans votre film ?

Guillaume Gallienne : Elle est très très importante. Pratiquement tout est arrivé même si ce n’est pas forcément à moi, j’ai mélangé les choses. Ainsi, ma grand-mère n’a jamais eu l’accent russe, c’était sa mère, que j’ai connue jusqu’à l’âge de 13 ans. Mais sinon, c’est en grande partie vrai, heureusement ou malheureusement, je ne sais pas, mais c’est vrai.

Question : Mais vous n’hésitez pas à faire dans la caricature.

G.G. : Ben oui, heureusement, sinon je me jetterais par la fenêtre ! Ces histoires de famille, ça m’a toujours fait rire. Mais c’est après coup que ça me faisait rire : c’est énorme ce qu’il vient de m’arriver, c’est énorme. C’est ma manière à moi de voir les choses, je suis plutôt du genre à avoir des fous rires lors des enterrements !

Question : Vous jouez votre propre rôle. Ça s’est toujours imposé ?

G.G. : Oui, pour Guillaume, il n’y a jamais eu d’autre acteur parce que j’ai toujours trimballé cette part d’enfance. C’es marrant parce qu’un jour, j’ai dit à ma psychiatre : « Je fais beaucoup plus jeune que mon âge », à quoi elle m’avait répondu : « comme tous les traumatisés de l’enfance ». Voilà, j’ai toujours gardé ça et donc ce n’était pas un problème, on a l’impression que c’est le prolongement de la situation qui nous habite encore. C’est sûr que nous les acteurs, on peut le refaire.

Question : Pourquoi avez-vous également voulu interpréter votre mère ?

G.G. : Jouer ma mère, c’était aussi raconter cette incarnation-là, Et puis c’était aussi une manière de montrer que je ne comptais pas régler mes comptes avec elle, j’ai 41 ans et je continue à jouer. Je l’ai juste poétisée. Et puis aussi parce que je pensais que j’allais mieux la défendre qu’une actrice parce qu’en lisant le texte, on peut se dire que c’est dur ; alors que moi je sais que cette dureté-là, c’est uniquement une défense, une interdiction de craquer, une interdiction de montrer la moindre fragilité, cette exigence de tenir en permanence. Finalement, j’ai l’impression qu’elle se casse plus qu’elle ne casse son fils.

Question : Il y a aussi des hommes dans votre film…

G.G. : Oui, mes deux frères, c’est deux mecs dont la virilité n’est pas le sujet. Il y a un homme que je défends, c’est mon père, je le défends plutôt que de l’accuser. Même le père, quand il voit son fils déguisé en Sissi, il ne s’emporte pas.

Question : La pièce a été créée avant le film qui en est l’adaptation. Pourquoi pas l’inverse ?

G.G. : Je voulais faire le film avant la pièce mais c’est un homme de théâtre, directeur du théâtre de l’ouest parisien, qui m’a dit : « à toi, Guillaume, j’aurais donné carte blanche ». Mais quel en serait l’intitulé, lui ai-je demandé. Il m’a dit carte blanche. Je lui ai raconté mon histoire, il l’a trouvée un peu bizarre mais il m’a laissé faire.

Question : D’où vous vient votre gestuelle dans le film ?

G.G. : J’aime le mouvement, j’apprends le mouvement, on peut raconter le mouvement sans nécessairement bouger. J’ai toujours aimé le mouvement, c’est quelque chose qui m’anime le plus. Que ce soit le mouvement de l’âme ou le mouvement du corps. C’est pour ça aussi que j’ai écrit des balais, que je travaille avec des danseurs.

Propos recueillis au FIFF par Pierre Germay.