Accord avec l’Iran: Obama salue une «première étape importante»

Lors d’une intervention solennelle tard dans la soirée depuis la Maison Blanche, M. Obama a aussi assuré que cet accord obtenu à l’arraché à Genève «barre le chemin le plus évident» de la république islamique vers une bombe atomique.

«Pour la première fois en presque une décennie, nous avons arrêté les progrès du programme nucléaire iranien, et des volets cruciaux du programme seront annulés», s’est-il félicité.

Des responsables américains ont nié que l’accord reconnaisse le droit des Iraniens à enrichir de l’uranium, malgré les affirmations en ce sens de Téhéran dans la nuit de samedi à dimanche.

Selon la Maison Blanche, l’accord valable six mois, le temps d’essayer de parvenir à une solution durable dans ce dossier, prévoit en particulier que l’Iran «cesse tout enrichissement (de combustible nucléaire) à plus de 5%». Téhéran, de même source, s’est aussi «engagé à neutraliser ses stocks d’uranium enrichi à près de 20%».

«De nouvelles inspections donneront un large accès aux équipements nucléaires iraniens et permettront à la communauté internationale de vérifier si l’Iran tient ses engagements», a promis le président américain.

M. Obama, qui depuis sa campagne électorale de 2007-2008 professe l’idée de tendre la main à l’Iran, tout en oeuvrant à renforcer un régime de sanctions qui a étranglé l’économie de ce pays, a souligné qu’«avec l’élection d’un nouveau président iranien cette année, une ouverture diplomatique a émergé».

Fin septembre, M. Obama s’était entretenu au téléphone avec le nouveau dirigeant, Hassan Rohani, une première dans les relations entre les deux pays depuis la révolution islamique de 1979 qui avait débouché sur la rupture de leurs relations diplomatiques.

Un haut responsable américain a confirmé samedi soir que Washington et Téhéran avaient en fait discuté en secret depuis juin, au niveau du numéro deux du département d’Etat William Burns selon le site internet spécialisé Al-Monitor.

M. Obama a pris soin d’expliquer à ses compatriotes que l’accord de Genève n’était qu’intérimaire et devait préparer le terrain à un marché de plus grande ampleur.

«De notre côté, les Etats-Unis et leurs alliés se sont entendus pour accorder à l’Iran un allègement modeste (des sanctions) tout en continuant à appliquer les plus sévères», a-t-il assuré. Des responsables de la Maison Blanche ont évoqué un allègement de six à sept milliards de dollars, qui laisserait en l’état actuel, déjà fortement entamé par les sanctions, les rentrées de la manne pétrolière.

A ce titre, et pour donner une chance aux négociations d’aboutir, M. Obama a exhorté le Congrès à s’abstenir d’adopter de nouvelles sanctions, comme certains élus le souhaitaient après l’échec des premiers rounds de négociations. Il a aussi assuré que l’allègement serait réversible si Téhéran ne tenait pas ses promesses.

Ses adversaires républicains ont fait part de leur hostilité à cet accord. Le président de la commission de la Défense à la Chambre des représentants, Buck McKeon, a regretté que «le président pense qu’il est sage de faire confiance, même de façon limitée, à un régime qui viole de façon répétée les lois internationales et fait courir des risques à la sécurité des Etats-Unis».

«En autorisant le régime iranien à conserver une infrastructure nucléaire importante, cet accord rend plus probable» que l’Iran acquière une capacité nucléaire, a assuré pour sa part le sénateur républicain Marco Rubio, en appelant à de nouvelles sanctions.

Le président a aussi promis que «la résolution des Etats-Unis restera forte, tout comme nos engagements envers nos amis et nos alliés, en particulier Israël et nos partenaires du Golfe, qui ont de bonnes raisons d’être sceptiques vis-à-vis des intentions de l’Iran».

Selon un haut responsable de la Maison Blanche, M. Obama devrait appeler au téléphone dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont le bureau a dénoncé un «mauvais accord».

«Je ferai tout le nécessaire pour empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire», a affirmé M. Obama. «Mais j’ai la responsabilité d’essayer de résoudre nos différends de façon pacifique, plutôt que (nous) jeter dans un conflit. Aujourd’hui, nous avons une vraie occasion de parvenir à un accord complet et pacifique et je pense que nous devons la mettre à l’épreuve», a-t-il plaidé, tout en prévenant que «ce ne sera pas facile (...) d’énormes difficultés persistent».