Un exercice antimusulman à l’armée belge!

Si au sein de notre Défense, les scénarios d’exercice sont fréquents et nécessitent une cible claire définie comme ennemi, celle-ci doit en principe être purement fictive et n’être liée ni à des sujets d’actualité ni à des références politiques. Mais un dérapage a eu lieu au sein de l’unité de combat qui entraînait en juin 2012 une partie de la compagnie des chasseurs ardennais. Nous avons pu, en exclusivité, nous fournir le scénario de cet exercice, censé en principe rester ultrasecret. Un scénario pour le moins interpellant qui stigmatise les musulmans de Belgique…

Crack’Hure. C’est le nom donné à l’exercice militaire réalisé en juin 2012 dans la région de Bouillon. Un exercice auquel participait une centaine de membres de la Défense, allant de dirigeants, gradés, aux jeunes soldats, appartenant tous à la première compagnie des chasseurs ardennais de Marche-en-Famenne. Au service presse de la Défense, on nous confirme le déroulement de cet exercice. « Cet exercice était baptisé Crack Hure et avait pour objectif l’entraînement d’une compagnie. Les noms donnés à ces exercices ne sont pas liés à des sujets d’actualité et/ou politiques et sont bien souvent choisis par l’unité concernée. Nous ne communiquons par contre jamais les scénarios des exercices et entraînements de nos unités par mesure de sécurité ».

Sauf que nous sommes parvenus à obtenir copie du scénario de cet exercice qui pose bien des questions. Et c’est dans le briefing donné aux militaires sur l’ennemi du jour que le dérapage se situe. On l’appelle « l’ennemi salamiste ». La référence aux Salafistes saute aux yeux. Mais ce n’est pas là le plus grave. Ce qui choque ici, c’est qu’on refait l’histoire du « Musolisme et du Salamisme », en parlant clairement d’ennemi qui, venu du Nord de l’Afrique s’est imposé en Belgique, pays qu’on qualifie ici de « territoire Lardennois ». Et on va plus loin encore. Extraits choisis : « À la suite des invasions arkbares, venues du sud-méditérranéen, les différents souverains de Frankonie se sont efforcés d’assimiler les nouvelles populations et leurs identités propres  ». « Mais une mouvance radicale s’est peu à peu imposée, dans le but de revenir aux origines, à savoir le musolisme. C’est ainsi qu’est né le Salamisme, beaucoup plus radical et exclusif encore que le musolisme ne l’est réellement. Le diarh, effort ou force en langue musole, est le maître mot de la conduite des musolistes ».

Shahar el Beek et Char el Roy

Plus grave encore, on parle de territoires conquis par ces « Salamistes ». Et là, on fait référence à des « ghettos contrôlés, servant de base arrière et de zones de recrutement pour les organisations terroristes ».

Dans l’historique présenté de la conquête par l’ennemi du territoire Lardennois, on cite notamment la période de 2003 à 2008 comme celle de « l’insurrection en Lardennois. Alors que la Francophonie se stabilise, grâce notamment à l’appui de l’OTE, les écoles salamistes de Shahar El Beek, Char El Roy et Marche El Famenn forment des guériédines ».

Sur une carte de Belgique, on situe ces régions censées être fictives mais faisant pourtant directement référence à Charleroi, Schaerbeek et Marche-en-Famenne.

« L’influence du salamisme a plongé le pays dans l’insécurité », peut-on également lire dans ce scénario d’une trentaine de pages.

La tête de Fouad Belkacem !

Et puis surtout, dans ce scénario, on présente aussi la photo de Fouad Belkacem ! Une photo qui n’a strictement rien à faire dans un tel scénarion d’exercice.

De quoi choquer plusieurs membres de notre Défense. De quoi s’interroger aussi et surtout sur la neutralité dont un officier supérieur responsable de la rédaction d’un tel scénario est pourtant censé garder en toutes circonstances.