Le violeur et assassin espagnol de trois jeunes filles libéré après 20 ans de prison alors qu’il avait été condamné à... 170 ans

Le viol et l’assassinat de Miriam, Toñi et Désirée en 1993 à Alcasser, dans la région de Valence, avait provoqué une vive émotion dans toute l’Espagne. Miguel Ricart, un ébéniste décrit à l’époque comme agressif et antisocial, avait été condamné en 1993 à 170 ans de prison.

En vertu de la «doctrine Parot», un système de remise de peine en vigueur en Espagne depuis 2006, qui permet de maintenir les détenus en prison jusqu’à la limite des 30 ans prévue par la loi, l’homme aurait dû retrouver la liberté en 2023.

Mais le 21 octobre, la Cour européenne des droits de l’Homme de Strasbourg a jugé «illégale» la détention prolongée, en vertu de ce système, d’une militante du groupe basque ETA, Ines del Rio Prada. Elle avait fondé sa décision sur le fait que la «doctrine Parot» avait été appliquée dans ce cas de manière rétroactive.

Depuis, l’avis des juges de Strasbourg a fait jurisprudence et des dizaines de détenus espagnols, condamnés à des peines multiples, ont été libérés: en majorité des prisonniers de l’ETA mais aussi des prisonniers de droit commun, auteurs de viols et d’assassinats.

Vendredi, le tribunal de Valence, dans l’est de l’Espagne, a décidé de libérer «de manière immédiate» Miguel Ricart, dans une décision rendue publique.

«Il n’existe pas de pronostic favorable pour une réinsertion» de ce détenu, avait prévenu mardi le directeur général des Institutions pénitentiaires, Angel Yuste.

Avant Miguel Ricart, plusieurs auteurs d’abus sexuels, viols, assassinats ou meurtres d’enfants sont sortis de prison ces derniers jours en Espagne, provoquant la colère et l’angoisse dans l’entourage de leurs victimes.