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12H pour un compromis: accord au Kern sur la vaccination obligatoire des soignants

Plus de 12 heures de réunion et enfin, une fumée blanche au Kern, avec un accord sur la vaccination obligatoire du personnel soignant et surtout sur les sanctions aux récalcitrants.

Qu’a-t-il été décidé? Si le travailleur n’est pas vacciné et que l’employeur n’a pas trouvé un autre poste de travail adapté pour lui au 1er janvier 2022, il peut continuer à travailler, jusqu’au 31 mars s’il porte un masque et se soumet à des tests réguliers. Sans cela, son contrat est suspendu et c’est le chômage temporaire.

Contrat maintenu

Dès le mois d’avril, le contrat est résilié s’il n’est toujours pas vacciné et le travailleur touchera alors le chômage classique (décroissant dans le temps)… Sauf si le travailleur demande par écrit avant le 31 mars le maintien de son contrat au-delà de cette date (s’il s’oppose donc en quelque sorte à son licenciement). Mais attention, il restera alors sans revenus sauf s’il travaille pour un autre employeur, job qui ne nécessiterait pas une habilitation… S’il choisit ensuite de démissionner, il n’a pas accès directement au chômage (avant un délai qui peut aller jusqu’à 26 semaines).

Le projet sera présenté aux partenaires sociaux et discuté au Conseil national du Travail.

Préavis de grève

Il aura donc fallu un tour complet d’horloge pour arriver à ce compromis. Du côté du PS, on se disait satisfait que, durant les 3 premiers mois, les travailleurs auront droit au chômage temporaire et ensuite au chômage complet s’ils renoncent à leur contrat (ce qui se trouvait déjà dans l’accord de lundi); satisfait aussi que les travailleurs qui le souhaitent puissent garder leur contrat suspendu au-delà du 1er avril. Plus question dans ce cas de licenciement.

Les libéraux, eux, étaient perplexes, trouvant le texte encore pire qu’avant pour le PS : qui accepterait de rester, le cas échéant, de longs mois avec un contrat suspendu, sans toucher la moindre indemnité ?

Rappelons que l’accord de lundi avait suscité la colère des syndicats. Dans la foulée, le président du PS, Paul Magnette, revenait sur l’accord. À ses yeux, il n’était pas concevable de sanctionner par un licenciement un soignant refusant la vaccination alors que cette obligation ne s’applique pas à toute la population.

Bras de fer

Ce vendredi, cela a tourné au bras de fer entre le PS et Écolo, d’un côté et le reste de la majorité (libéraux, CD&V et les socialistes flamands!) derrière le Premier ministre, de l’autre. On devinait que M. De Croo (Open VLD) ne voulait pas y laisser un bout de crédibilité dans ce qui aurait été un sale précédent pour lui. Quant au PS, il apparaissait coincé entre les syndicats furieux et un PTB qui reniflait la bonne occasion de lui grignoter encore des voix

Rideau sur une semaine agitée…

Didier Swysen

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