Bruxelles: plusieurs communes décident de supprimer les bulles à vêtements des Petits Riens... qui ne sont pas contents

Etterbeek a récemment pris la décision de supprimer cinq des dix collecteurs à vêtements présents sur son territoire. Une mesure radicale afin de mettre fin dans la foulée aux différentes nuisances que ces bulles engendrent : le bruit, les vols de plus en plus réguliers et l’apparition de dépôts clandestins à proximité.

Cette décision du collège des bourgmestre et échevins etterbeekois « fait suite au nombre sans cesse croissant de plaintes déposées par des habitants de plus en plus incommodés par ce type d’installation », indique la commune. « Initialement implantées par des organismes à vocation sociale et caritative dans le but de récupérer les textiles inutilisés pour les redistribuer aux personnes dans le besoin, les guérites à vêtements sont peu à peu devenues la source de multiples nuisances : nuisances sonores engendrées par des dépôts effectués à toute heure du jour et de la nuit ; problèmes d’insalubrité générés par les nombreux déchets clandestins déposés alentours ; récupération du contenu des collecteurs pour bénéfice personnel (revente en seconde main)... »

Cette décision prise par une commune bruxelloise n’est pas une première. Schaerbeek et Anderlecht ont également il y a peu supprimé des bulles. Pour les opérateurs concernés, comme les ASBL Petits Riens et Oxfam (lire ci-contre), ces mesures radicales risquent d’avoir un effet pervers. « Des échanges de courriers ont lieu entre nos services et les communes avant que celles-ci ne décident de supprimer nos bulles », explique au préalable Laurent Cambier, responsable du dépôt central des Petits Riens dont deux tiers des 880 bulles belges sont installés à Bruxelles. « Nous comprenons tout à fait que des problèmes puissent se présenter. Mais nous ne restons pas les bras croisés. Par exemple, nous avons mis en place notre propre service de nettoyage avec deux camionnettes qui passent régulièrement sur les sites. »

Sanctionner le service proposé à la population par les Petits Riens est donc plutôt mal accueilli. « Pour l’instant, une dizaine de nos bulles ont été supprimées. Ce n’est pas dramatique. Mais ce le sera à terme. Et ce service de collecte de vêtements risque de ne plus exister ce qui sera dommageable pour les donneurs et ceux qui bénéficient de ces vêtements de seconde main Pour notre ASBL, ce qu’il faut, c'est que les autorités sanctionnent d’abord les voleurs qui opèrent dans nos bulles et les auteurs de dépôts clandestins. Il n’est pas normal que nous payons pour les incivilités commises par d’autres. »

K. F.