Centrafrique: «Il était temps d’agir», selon François Hollande

Arrivé à l’aéroport de Bangui – placée sous couvre-feu – où se trouve la base des forces françaises, où il est arrivé en provenance d’Afrique du Sud après avoir assisté à la cérémonie d’hommage à l’ancien président sud-africain Nelson Mandela, M. Hollande s’est recueilli devant les cercueils des deux paras tués. Les deux hommes ont été tués dans la nuit au cours d’un accrochage avec des assaillants non identifiés dans un quartier proche de l’aéroport. Il s’agit des premières pertes françaises depuis le déclenchement jeudi soir de l’intervention française Sangaris, dans la foulée d’un feu vert de l’ONU.

« Il était temps d’agir (…) Ici même à Bangui près de 400 personnes ont été tuées. Il n’était plus le temps de tergiverser », a déclaré M. Hollande devant les troupes françaises, alors que la ville était survolée en permanence par des avions et des hélicoptères de combat.

« La France, ici en Centrafrique, ne recherche aucun intérêt pour elle même (…) La France vient défendre la dignité humaine », a ajouté le président français.

Après l’hommage rendu aux soldats, M. Hollande devait s’entretenir à l’aéroport avec les autorités centrafricaines de transition, dont le président Michel Djotodia, vivement critiqué ce week-end par le chef de l’Etat français et qui a présenté mardi soir « ses condoléances » à la France dans un message radio-diffusé.

Le président français avait notamment accusé l’ancien chef rebelle, arrivé au pouvoir en mars à la tête de la coalition rebelle Séléka qui a ensuite été dissoute, d’avoir « laissé faire » les massacres interreligieux de ces derniers jours qui ont fait quelque 400 morts.

La quasi-totalité des groupes désarmés

Selon l’état-major français, la quasi-totalité des groupes armés ont été désarmés sans incident majeur et en moins de 24 heures, avec le soutien de la force africaine (Misca). Les bases des Séléka dans les quartiers ont été évacuées, et leurs combattants rassemblés dans plusieurs camps militaires.

Mais la confusion continuait de régner dans une grande partie de la capitale centrafricaine. L’urgence pour les militaires français semble désormais de contenir la vengeance des populations de la capitale, en très grande majorité chrétiennes, contre les ex-Séléka et la minorité civile musulmane qui y est associée. Frustrés d’avoir été désarmés et cantonnés dans leurs bases, beaucoup d’hommes de la Séléka sont de leur côté furieux d’avoir été privés par les Français de tout moyen de se défendre -avec leurs familles et leurs proches - face à la vindicte populaire.