Les eurodéputés divisés sur une éventuelle audition d’Edward Snowden

Des membres de la Commission « Libertés civiles, justice et affaires intérieures » du Parlement ont émis récemment le souhait d’entendre le jeune « lanceur d’alerte », aujourd’hui réfugié en Russie, après avoir fui les Etats-Unis, dans le cadre des auditions sur le scandale des écoutes de la NSA en Europe. Selon l’eurodéputé écologiste allemand Jan Philipp Albrecht, Edward Snowden a donné son accord et la date du 18 décembre avait été envisagée pour la diffusion de son témoignage.

« Il y a bien un accord de principe (…) reste à régler les détails techniques », a confirmé l’eurodéputé belge socialiste Marc Tarabella, estimant que « ce témoignage pourrait avoir bien des conséquences sur les négociations de l’accord Transatlantique et plus globalement sur la position européenne sur la protection et le partage des données ». Mais « certains groupes politiques, dont le mien, sont assez réservés quant à l’audition de M. Snowden, sur le fond comme sur la forme », a dit à l’AFP la Française Véronique Mathieu Houillon, membre du PPE (centre-droit). L’eurodéputée craint notamment que cette démarche ne « donne une tribune » à l’Américain controversé, et critique les modalités proposées pour réaliser l’audition.

Pour ne pas mettre Snowden en danger, les députés à l’origine de la demande d’audition envisagent de lui transmettre une série de questions, auxquelles il répondrait dans une vidéo, diffusée en différé aux membres de la commission parlementaire. Le groupe ECR qui réunit notamment les conservateurs britanniques a dénoncé cette « parodie » d’audition où les parlementaires n’auront pas la possibilité de lui répondre. « Il s’agit de donner une tribune à un fugitif recherché afin qu’il mette encore davantage en danger la sécurité publique », a affirmé le président du groupe, Martin Callanan, qualifiant cette initiative de « provocation ».

La décision d’inviter ou non M. Snowden reviendra aux coordinateurs des groupes politiques de la commission des Libertés civiles, ont décidé jeudi le président du Parlement européen, Martin Schulz, et les chefs des groupes politiques représentés au Parlement.