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Accusé d’agression sexuelle, le journaliste français Pierre Ménès sera jugé le 8 juin

Pierre Ménès, placé jeudi en garde à vue dans le cadre d’ue enquête pour agression sexuelle, sera jugé le 8 juin pour ces faits, a appris l’AFP auprès de son avocat Me Arash Derambarsh.

L’ex-chroniqueur vedette Pierre Ménès, qui avait quitté Canal+ après la diffusion au printemps d’un documentaire sur le sexisme dans les rédactions, sera jugé le 8 juin à Paris pour des « agressions sexuelles » qu’il dément, après une journée de garde à vue jeudi.

Pierre Ménès, 58 ans, a été placé jeudi matin en garde à vue au 1er district de police judiciaire (1er DPJ), du chef d’agression sexuelle, a confirmé le parquet de Paris, après une information du Parisien.

À l’issue du match PSG-Nantes du 20 novembre à Paris, une femme a signalé à la police des faits d’agression sexuelle dont Pierre Ménès serait responsable, sans porter plainte.

Selon le Parisien, il aurait touché la poitrine d’une hôtesse. Des accusations qu’il dément. Le jour même, le parquet de Paris a ouvert une enquête.

À l’issue de sa garde à vue, jeudi soir, son avocat Me Arash Derambarsh a indiqué à l’AFP que M. Ménès s’est vu délivrer une convocation par officier de police judiciaire (COPJ) et qu’il sera jugé le 8 juin pour agression sexuelle.

« La garde à vue de l’intéressé a été levée ce soir et ce dernier est convoqué devant le tribunal correctionnel pour être jugé pour des faits d’agressions sexuelles », a confirmé le parquet de Paris à l’AFP.

« Dans une affaire où il n’y a ni plainte ni preuve ni victime, ni le début du commencement de la moindre photo, vidéo ou témoignage, le procureur de la République de Paris a décidé de renvoyer mon client devant le tribunal correctionnel », a critiqué Me Derambarsh, pour qui « c’est évidemment révoltant et une aberration juridique ». « Nous nous battrons pour rétablir l’honneur de Pierre Ménès devant des juges du fond indépendants », a-t-il indiqué.

L’avocat dit disposer de « six témoignages qui dédouanent Pierre Ménès ». M. Ménès a porté plainte pour dénonciation calomnieuse, et produit trois attestations de personnes « confirmant unanimement qu’(il) a passé l’intégralité de son temps à leur côté dès son arrivée pour le cocktail en loge, durant le match et le cocktail d’après match », selon cette plainte consultée par l’AFP.

« Comportement irréprochable »

Mis sur la touche fin mars après des accusations d’agressions sexuelles, l’ex-chroniqueur vedette du « Canal Football Club » a quitté le 1er juillet dernier la chaîne cryptée, mettant fin à près de 12 ans de collaboration.

Ce départ est la conséquence de la diffusion le 21 mars sur Canal+ d’un documentaire sur le sexisme dans les rédactions sportives et la révélation de séquences l’incriminant, coupées au montage à la demande de la chaîne, soupçonnée de l’avoir protégé.

Pierre Ménès est notamment accusé d’avoir soulevé hors antenne en 2016 la jupe de la journaliste Marie Portolano, co-réalisatrice du documentaire.

Il assure ne pas s’en souvenir en raison de graves problèmes de santé à l’époque : une cirrhose non alcoolique qui l’a éloigné des plateaux pendant sept mois et a nécessité une double greffe du foie et d’un rein.

Il est aussi critiqué pour avoir embrassé de force à la télévision la journaliste Isabelle Moreau en 2011, ainsi que la chroniqueuse Francesca Antoniotti en 2016.

Des faits qui se sont déroulés avant la vague #MeToo, depuis laquelle « on ne peut plus rien dire, on ne peut plus rien faire », avait-il déploré dans l’émission de Cyril Hanouna sur C8. Malgré les « profonds regrets » alors exprimés, ces accusations lui ont coûté sa collaboration avec le jeu Fifa, auquel il prêtait sa voix.

Du côté de Canal+, une enquête interne a été lancée, dont les résultats ne sont pas encore connus. L’onde de choc suscitée par le documentaire de Marie Portolano s’est ressentie dans d’autres rédactions.

En onze ans de collaboration, M. Ménès dit avoir été convoqué une seule fois en 2018 pour y aller « mollo » sur ses « réflexions », et avoir écopé d’un avertissement l’an dernier pour une interview donnée, sans autorisation, sur YouTube.

En 2020, le chroniqueur a fait l’objet à Nanterre d’une information judiciaire pour « harcèlement moral » à la suite d’une plainte – après une précédente classée sans suite – de son ancien assistant Emmanuel Trumer, qui l’accuse d’« homophobie » et de « racisme ». En retour, il l’a poursuivi en diffamation.

En octobre, il a lancé une plateforme numérique dédiée au foot avec Reworld Media, le « Pierrot Football Club ».

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