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Le dossier énergie reviendra sur la table du gouvernement la semaine prochaine

Le dossier énergie a bien été discuté vendredi matin en conseil des ministres restreint (kern), a-t-on appris de source gouvernementale.

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Les principaux ministres ont axé leurs discussions sur l’examen des différentes options de mix énergétique, avec pour objectif de garantir l’hiver 2025. La discussion se poursuivra la semaine prochaine.

Dans son accord de gouvernement, la coalition Vivaldi a confirmé la loi de sortie du nucléaire et la fermeture des deux derniers réacteurs de Doel 4 et Tihange 3 en 2025, à condition que la sécurité d’approvisionnement soit garantie. Pour assurer la transition, un mécanisme de rémunération de capacité (CRM) a été mis en place. Celui-ci comprend entre autres la construction de deux centrales, celles de Vilvorde et des Awirs ayant remporté les enchères. Le permis de la première a été refusé par le gouvernement flamand tandis que la deuxième fait l’objet d’un recours. Dans un courrier, Engie, l’exploitant des centrales nucléaires en Belgique, a de son côté jugé «impossible» d’assurer le prolongement des réacteurs de Doel 4 et Tihange 3 en 2025.

Dans la majorité, le MR défend la prolongation de ces deux réacteurs alors que les Verts appellent à confirmer la fermeture. À bonne source, l’on indiquait toutefois que les discussions au sein du gouvernement portent sur la consolidation du scénario A, c’est-à-dire la fin du nucléaire en 2025 et la mise en œuvre du Mécanisme de Rémunération de Capacité (CRM). Les ministres cherchent en particulier à bétonner la sécurité d’approvisionnement devant les incertitudes qui pèsent actuellement sur les deux nouvelles centrales au gaz. Interrogé jeudi en marge de la séance plénière, le vice-Premier ministre CD&V, Vincent Van Peteghem, a insisté sur la clarté qui devait être faite avant toute décision. «Nous devons être sûrs que la lumière continuera à brûler et que la facture ne va pas s’envoler», a-t-il dit.

Pendant ce temps, la ministre de l’Énergie, Tinne Van der Straeten, était interrogée dans l’hémicycle.

«On est ’right on track’. Cela fait maintenant un an que nous avons commencé à travailler pour garantir la sécurité d’approvisionnement. Oui, il y a des incertitudes! Oui, il y a des problèmes! On ne l’a jamais caché! Plusieurs fois, je suis venu au parlement à propos de chaque élément du CRM. Le résultat, c’est que nous savons très bien ce qu’il contient. Donc, non, il n’y pas d’insécurité et, oui, nous garantirons la sécurité d’approvisionnement du pays», a-t-elle déclaré.

La décision du nouveau gouvernement néerlandais de construire de nouvelles centrales nucléaires et de prolonger l’activité de la centrale de Borrsele a donné du grain à moudre aux défenseurs du nucléaire. Il y a toutefois une différence de taille, a fait remarquer la ministre écologiste. L’arrête de l’unité de Borrsele est prévue en 2033. La nouvelle équipe de Mark Rutte s’y prend donc douze ans à l’avance. En Belgique, l’un des arguments sur lequel bute la prolongation de deux réacteurs est le délai désormais trop court pour mettre en œuvre une telle opération.

«Vous me demandez ce que je pense de l’accord aux Pays-Bas. Je peux résumer cela simplement, c’est-à-dire réfléchir à long terme et agir à court terme», a-t-elle dit. «Aujourd’hui, tout qui trouve que l’on aurait dû faire la même chose aurait dû le faire au moins il y a 12 ans».

La remarque visait autant la N-VA, défenseure du nucléaire et ex-partenaire de majorité fédérale de la suédoise, que le MR qui siège dans le gouvernement depuis 1999. L’un et l’autre ont toutefois à nouveau mis en garde la ministre contre les risques d’une sortie définitive du nucléaire en 2025.

«Sérieusement, réfléchissez, madame la ministre, avant de risquer de faire une grosse bêtise!» a lancé le député Christophe Bombled (MR).

Une décision est attendue avant la fin de l’année.

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