Bruxelles: Yvan Mayeur va interdire la vente d’alcool après 22h

En septembre 2012, un policier avait été blessé sur la Grand’Place après être intervenu pour séparer plusieurs personnes sous l’emprise de l’alcool et qui semaient le trouble sur la voie publique. Un autre agent avait également été touché lors de cet incident et, au total, sept trublions avaient été interpellés.

Jugeant ces faits inadmissibles, le bourgmestre de l’époque Freddy Thielemans (PS) avait annoncé, notamment au conseil communal de la Ville de Bruxelles, qu’il pensait à interdire la vente d’alcool « dans les magasins de nuit de la ville, au-delà de 22 h » Il disait aussi songer à interdire au public de se trouver en rue en ayant de l’alcool en sa possession à partir de cette même heure. Mais cette annonce n’a ensuite pas été suivie d’une application concrète.

Le nouveau bourgmestre Yvan Mayeur est d’accord sur le principe et se dit déterminé à relancer le projet.

« Je considère que les night-shops font partie de la vie nocturne et je ne veux pas les fermer après 22 heures. mais la vente d‘alcool après 22h, il faut y réfléchir. Cela fait partie des choses qui pourraient avancer assez vite. » Le maïeur socialiste précise aussi dans quel contexte il y songe.

« Nous sommes occupés à réfléchir à la manière dont on va appliquer les sanctions administratives communales (SAC). Mais à côté des mesures répressives, il faut aussi songer à des mesures préventives. Or il y a des nuisances liées à la consommation d’alcool en rue. Et donc cette interdiction de vente peut faire partie d’un dispositif préventif. » Ce type de mesure risque évidemment de ne pas ravir les gérants s et propriétaires de night-shop, pour qui les ventes d’alcool représentent une importante source de rentrées financières. Yvan Mayeur envisage d’ailleurs de se concerter avec ce secteur commercial. Mais il prévient: « je suis d’accord pour une concertation si elle donne une plus-value. Cela dit, il y a un moment où le politique doit prendre ses responsabilités. » Bref, le nouveau bourgmestre ne compte pas revenir sur le principe.

Sur les éventuelles difficultés juridiques qui pourraient avoir freiné l’action de son prédécesseur et sur la forme que prendra cette interdiction, il ne se prononce pas à ce stade. « Je viens de poser le problème. On doit approfondir la question mais cela ne doit pas traîner, même si, à ce stade, je ne peux pas dire dans quel délai cette mesure sera prise. »

Marc Beaudelot