Le Conseil d’Etat interdit à Dieudonné de se produire à Orléans... même pour jouer son nouveau spectacle

La plus haute juridiction administrative avait été saisie par les avocats du polémiste qui contestaient l’ordonnance du tribunal administratif d’Orléans.

Parmi leurs arguments, les avocats ont expliqué que l’on ne pouvait interdire un spectacle en invoquant un trouble à l’ordre public de manière préventive, avant qu’il ne se soit déroulé.

Ils ont également fait valoir que Dieudonné s’était engagé à ne plus jouer le spectacle controversé «Le Mur», interdit par la justice pour ses sorties antisémites, au profit d’un autre spectacle à «la thématique différente».

Si Me Hervé Hazan, avocat du maire d’Orléans, a jugé que l’arrêté de l’édile, qui concernait exclusivement le spectacle «Le Mur», pouvait ne plus avoir lieu d’être, la représentante du ministère de l’Intérieur Pascale Leglise n’a pas eu la même approche.

«C’est une manipulation, c’est de la provocation, c’est un artifice», a-t-elle martelé, estimant qu’on ne pouvait pas considérer que Dieudonné «avait créé un nouveau spectacle en trois nuits avec une baguette magique». «Il est évident que ce sera le même spectacle qui sera diffusé ce soir», a-t-elle lancé.

Les avocats du polémiste ont également présenté une question prioritaire de constitutionalité (QPC), estimant que la notion de «respect de la dignité humaine composante de l’ordre public» invoquée dans cette affaire ne pouvait l’être qu’après une modification de la loi, sous peine d’inconstitutionalité. Cette QPC a également été rejetée par le Conseil d’Etat.

Après Nantes et Tours, c’est la troisième fois que le Conseil d’Etat, statuant en référé (procédure d’urgence), confirme l’interdiction du spectacle controversé de Dieudonné.

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AFP