Stupeur après la mort de Palante sur le Dakar: «Personne n’a remarqué qu’Eric était immobile», déclare Tom Colsoul

Les esprits s’échauffent sur le Dakar 2014. Pas seulement parce qu’une terrible canicule sévit depuis le début de l’épreuve et cause de multiples abandons, en particulier chez les motards.

Dans le bivouac qui panse ses plaies après six jours de course particulièrement éprouvants, on est toujours consterné par la disparition d’Eric Palante.

Concurrent de l’épreuve depuis 2003, le colosse au regard si doux faisait l’unanimité dans la caravane du rallye-raid. Une passion sans limites pour cette course et une incroyable capacité à sourire de tous les maux dont le Dakar l’accablait. Eric, qui allait bientôt fêter son 51e anniversaire, était doté d’une énergie positive apparemment sans bornes. À croire que c’était dans les embûches qu’il se ressourçait. Mais voilà, Eric Palante est mort de sa passion. Vendredi matin, un camion de l’organisation l’a découvert gisant à côté de sa moto.

Une mort qui interpelle. Comment ASO, l’organisateur, n’est-il pas intervenu plus tôt pour secourir le motard 122 ? Rappelons qu’Eric avait pris le départ de la spéciale à 7h37 et qu’il était passé au 3e « Way Point » 3h36 plus tard. Ce point de passage était éloigné de 10 km, maximum, de l’endroit où on l’a retrouvé sans vie près de 20 heures plus tard.

Les concurrents sont pourtant tous équipés d’un système « Iritrack » qui permet de les géo-localiser et, surtout, d’intervenir en cas de problème. À ce stade, et sans la moindre information d’ASO, le décès d’Eric Palante fait penser à celui d’un motard français en 2009 lors de la première édition en Amérique du Sud. Là aussi, les organisateurs avaient fait preuve d’une lenteur scandaleuse et n’avaient trouvé le pilote que deux jours après son appel de détresse.

Dans le cas d’Eric Palante, on sait que se balise n’a pas été actionnée. Mais comment les responsables, installés dans un bureau parisien, ne se sont-ils pas souciés en constatant que la Honda 122 est restée immobile pendant des heures. Ce qui signifiait, inévitablement, que son pilote était en difficulté.

Au sein de la petite colonie belge des participants, la colère gronde… « Ce système est réputé pour détecter les gens qui rencontrent des problèmes », rappelle Tom Colsoul, habitué de l’épreuve. « Eric est resté immobile pendant des heures et les organisateurs n’ont rien remarqué. Ce n’est pas la première fois qu’un tel dysfonctionnement provient. C’est très inquiétant. »

« Je suis très étonné qu’on n’ait pas retrouvé Eric plus tôt », souligne Charly Gotlib, copilote très expérimenté de l’épreuve. « C’est la 2e fois que le système « Iritrack » ne fonctionne pas pour un motard. »

On espère, en tout cas, que l’enquête menée par les autorités argentines permettra de connaître la raison de la mort du pilote belge. Même si Eric Palante savait à quel point cette course est dangereuse – une prise de risque qu’il assumait totalement – ce ne serait que justice de comprendre pourquoi l’organisation a mis tant de temps à le retrouver.